Le commerce ambulant est devenu un levier de l’activité économique au Sénégal. Mais le financement de secteur demeure encore problématique à cause d’un manque d’organisation des marchands dits ambulants.
Les avis sont divers quand on évoque le financement des activités des marchands ambulants. Pour certains, le seul préalable à l’épanouissement de ces acteurs du tertiaire est le financement de leur projet de commerce. Selon Aliou Diop, chef de l’Observatoire économique de la Chambre du commerce de Dakar, ce financement provient de source informelle.
«Il faut donc mettre sur place des lignes de crédits et des fonds dédiés au secteur du commerce ambulant », estime-t-il, précisant que « ce système de financement doit viser les marchands auto-entrepreneurs».
Selon notre interlocuteur, «la création d’une structure d’épargne et de crédit pour les ambulants et fonctionnant sur une base mutualiste, constitue un levier pouvant permettre de mobiliser l’épargne et de contourner ainsi les contraintes liées à l’accès au crédit ».
L’avis est partagé par le Secrétaire général de la Synergie des marchands dits ambulants pour le développement (Symad). Toutefois, Amadou Dièye estime qu’à l’état actuel des choses, le financement est impossible. «Il faut que les marchands ambulants soient organisés pour déterminer le domaine d’évolution de chacun», dit-il.
Le chef du Guichet d’information et de formalités à l’ADEPME, Abdoulaye Faye, pour sa part souhaite un commerce ambulant tourné vers les produits locaux, la marchandise vendue par les marchands ambulants étant d’origine étrangère.
« Donc financer ce commerce, c’est participer au développement des entreprises étrangères», justifie Faye. Il suggère une concertation entre les acteurs du commerce ambulant et le patronat national. «Cela permettra de nouer des accords qui permettront aux uns d’acheter et aux autres de vendre. Et les entreprises nationales vont continuer à produire», analyse-t-il.
La volonté de l’Etat de lever les contraintes d’accès au crédit des marchands ambulants qui, selon contribuent à 50% au PIB du Sénégal, avait été souligné au cours d’un atelier sur le Commerce ambulant.
Le directeur du Commerce intérieur, El Hadj Alioune Diouf avait, à l’occasion, fait savoir que «l’Etat a signé une convention avec le système financier décentralisé. Il s’agit d’abord d’un crédit d’investissement de 6 à 36 mois avec un différé de trois mois maximum pour l’acquisition de cantines. Ensuite un crédit de fonds de roulement de 3 à 12 pour l’acquisition de marchandises».
Les autorités ont mobilisé trois milliards de Cfa pour le recasement des 8.700 marchands ambulants recensés dans Dakar. Ce recasement se fait à travers la construction de cantines. Déjà, quelque 4.750 cantines sont construites aux marchés de Thiaroye, Ngélaw, Mbabass, Sicap Mbao.
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