«Comme pour emboîter le pas aux Généraux Dieng et Seck, Mamadou Nkrumah Sané revendiquerait, pour sa part, la reprise des hostilités en Casamance en tant que prémisse de «sa» guerre, sa guerre à lui, par opposition à celle qu’il attribuerait volontiers à feu l’Abbé Augustin Diamacoune Senghor». Dans un communiqué publié le vendredi 19 février, le secrétaire général du Mouvement des forces démocratiques de la Casamance (MFDC) exprimait ainsi son mépris à l’égard de Krumah Sané, qui a affirmé être à la base de la reprise des hostilités en Casamance ces derniers jours.
«La mémoire de l’Abbé Diamacoune n’aurait pas été engagée par la déclaration présumée de Nkrumah. Seuls le silence et le mépris lui seraient opposés», a affirmé Jean-Marie François Biagui. Le secrétaire général du MFDC ajoute que l’abbé Diamacoune «n’avait jamais été favorable à quelque guerre que ce fût». «Alors, peste-t-il, de Nkrumah et de «sa» guerre ? Nous n’en avons cure. Car, il n’en aurait ni les moyens ni même l’intelligence. Ce reproche est valable pour les Généraux.»
Réagissant aux déclarations des Généraux Abdoulaye Dieng et Mamadou Mansour Seck, qui prônent une action militaire en Casamance, Jean-Marie François Biagui a crié : «Au secours, les faucons sont de retour !» Avant d’ajouter : «Pour avoir rencontré en juillet 2009, pour la première fois, le Général Seck, dans le cadre des Assises nationales, la haute idée que j’avais de l’homme m’interdisait de le soupçonner, un temps soit peu, de receler au plus profond de lui-même, quelque faucon. Il faut se souvenir qu’il n’est guère nécessaire d’être un ancien élève d’une prestigieuse école de guerre française, américaine ou autre, pour comprendre, banalement, qu’aucune solution militaire n’est possible en Casamance.»
M. Biagui estime qu’en tenant leurs propos, les deux Généraux ont cédé à l’émotion, «nostalgiques du bon vieux temps». Et que la solution pour une paix en Casamance peut être trouvée dans les propositions de secrétaire de général de l’Alliance des forces de progrès (AFP). «La voie vers la paix en Casamance doit passer par le Conseil de Sécurité de l’ONU, inévitablement. Car le problème est de dimension ou d’ordre international».
A défaut d’appliquer cette recommandation de Moustapha Niasse, M. Biagui oriente les regards vers les conclusions des Assises sur la crise en Casamance. «L’objet de ces assises nationales serait, en plus d’un cessez-le-feu contrôlé par les pays africains voisins et la démilitarisation de la Casamance, la définition d’un statut spécifique, s’inspirant de l’histoire et des réalités d’aujourd’hui».
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