M. Sarkozy, trois jours avant le voyage de Mme Royal, prévu de longue date, est venu samedi à Dakar signer un accord sur la "gestion concertée des flux migratoires".
Devant les journalistes, Mme Royal a fait valoir, dans l'avion qui l'emmenait à Dakar pour une visite de deux jours, que le ministre avait "repris" plusieurs idées qu'elle défend, notamment sur le "co-développement", la "coopération décentralisée" ou les visas à entrées multiples, tous éléments qui figurent d'ailleurs dans le projet socialiste pour 2007.
"Ma venue a permis de rectifier un certain nombre de choses dans le bon sens, d'accélérer les choses", a dit encore Mme Royal.
Le député socialiste Jean-Louis Bianco, qui l'accompagne dans ce voyage, a jugé l'accord "un peu bâclé" même s'il comporte "des points positifs".
Il a noté lui aussi qu'il était "très faible" sur le co-développement, avec seulement 2,5 millions d'euros prévus, "alors que l'Espagne en met 20 millions", et qu'il ne prévoyait pas de visas saisonniers pour les "travailleurs non-qualifiés". Il a regretté aussi qu'il ait été négocié "sans savoir ce qu'en pensent les autres partenaires européens".
Centré initialement sur la seule coopération décentralisée, une expérience menée notamment en Poitou-Charentes, le voyage de Mme Royal dans son pays natal s'est élargi au co-développement et aux politiques d'immigration, déjà discutées lors de ses voyages en Italie et en Espagne.
Ce voyage au Sénégal "est un voyage auquel je pense depuis longtemps, peut-être qu'inconsciemment il y a un retour aux sources", a confié Mme Royal à son arrivée à Dakar. Née dans la banlieue de la capitale, où son père, militaire, était affecté, Ségolène Royal y a vécu deux ans.
"Je viens là me ressourcer", "me rapprocher de mes origines", a-t-elle encore déclaré.
Elle a insisté encore sur la nécessité de "rebâtir l'aide au développement", de faire "du développement respectueux des gens", plutôt que de "penser à la place des gens dans une logique néo-colonialiste".
"Si je suis en responsabilité, je redéfinirai la politique de coopération de la France", a-t-elle assuré, se disant soucieuse, au cours de ce voyage, d'"écouter les gens" et de se "nourrir" de ce qu'ils disent.
"Le co-développement est lié à la politique des flux migratoires", a-t-elle dit, tout en se refusant à "définir de but en blanc une politique d'immigration".
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