La dernière session ordinaire du Conseil de surveillance de l’Agence nationale de l’Organisation de la conférence islamique (Anoci) s’est tenu hier, sous la présidence de son président, le ministre Karim Wade. Le bilan général des activités de l’Agence semble agréer le Conseil qui lui a exprimé ‘ sa satisfaction’. L’Anoci, dans le communiqué qui a suivi la session ordinaire, fait black out sur la gestion de son budget de fonctionnement.
L’audit de l’Agence nationale de l’Organisation de la conférence islamique tant réclamé par l’opinion n’aura pas lieu. L’Anoci a, en effet, présenté son bilan et s’apprête à s’effacer de la liste des agences du Sénégal. ‘Régulièrement auditée’ par le Cabinet d’audit international Cice, selon le compte-rendu du Conseil, l’Agence présidée par le leader de la Génération du concret laissera-t-elle, une autre entité, quelle qu’elle soit, regarder en profondeur et juger son travail ? La question mérite d’être posée, vu que le Conseil de surveillance présidé par le ministre d’Etat Karim Wade estime que ‘tout est bien fait à l’Anoci’. Le Conseil, déclare, en effet, que ‘les travaux se sont déroulés dans des conditions optimales de sécurité et de confort conformément aux règles protocolaires et au strict respect du cahier de charges imposé par l’Oci’. L’Agence a, également, contribué à l’exécution de la stratégie de croissance accélérée (Sca) à travers des ‘investissements massifs’ qui ont généré plus 6.700 emplois, selon le communiqué.
Le budget d’investissement, initialement fixé à 376 milliards de francs, s’est retrouvé à 432 milliards de francs. Dans le communiqué, l’Anoci indique que 72,980 milliards de francs ont servi à la réalisation de travaux sur la Corniche I et II et sur la Voie de dégagement nord (Vdn) ; 28 milliards sont prévus pour la route de Ouakam et la route de l’Aéroport non encore exécutées. 104,5 milliards vont financer la mise à niveau de la route nationale allant de la place du Millénaire à l’Aéroport de Diass (subdivisée en trois tronçons). 32 milliards ont été mobilisés au titre de subventions et enfin 194,5 milliards au titre de l’investissement privé pour les hôtels. Le communiqué issu de la session ne donne pas de détails sur l’évolution du budget (de 376 milliards à 432 milliards).
Sur la gestion des ressources, l’Anoci déclare qu’elle n’était comptable que de son budget de fonctionnement qu’il a géré ‘conformément aux règles de la comptabilité publique nationale et de la comptabilité Syscoa ’ . ‘Les conventions de financement ont été signées par le ministère de l’Economie et des finances qui les a inscrites dans le Budget de l’Etat. Les entreprises en charge des travaux routiers ont été directement payées par les bailleurs de fonds sans que les financements ne transitent par l’Anoci, après un audit réalisé par ceux-ci’, fait savoir le document.
Les membres du Conseil ont, également, examiné le rapport du contrôle de gestion sur la passation des marchés 2004-2009 et estimé que les procédures ont été respectées. Ainsi, le Conseil a ‘adopté des opérations minimales relatives à la liquidation de l’Agence’. Les projets routiers ont ‘systématiquement fait l’objet d’un appel d’offres international, au cours duquel, toutes les étapes ont été validées par les bailleurs de fonds et les différentes structures concernées de l’Etat’, relève le communiqué.
Le Conseil a, cependant, regretté les retards enregistrés dans l’exécution des projets hôteliers par rapport à la date du Sommet. Le Directeur exécutif, Abdoulaye Baldé a expliqué que les projets hôteliers étaient entièrement portés par des investisseurs privés, l’Anoci n’ayant joué qu’un rôle d’accompagnateur des promoteurs pour la facilitation administrative et douanière. Les hôtels Terrou bi et Radisson ont été financés par le privé national et international pour, respectivement, réfection et construction. Les travaux de l’Anoci ont porté sur l’élargissement de la Corniche Ouest, du Bloc des Madeleines à la Pharmacie des Mamelles en 2X2 voies. La chaussée de la Voie de dégagement nord (Vdn) a été élargie en 2X3 voies avec trois échangeurs. Les infrastructures ont été réalisées par les entreprises sénégalaises que sont Cde, Cse, Eiffage-Sénégal et Général d’Entreprises. Le Conseil de surveillance de l’Anoci est composé de membres du gouvernement, parlementaires, ambassadeurs, organes de contrôle de l’Etat, de la Raddho, du Forum Civil et du Synpics.