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Le Festival mondial des arts nègres fait l’affaire des rappeurs sénégalais sélectionnés. Ils percevront en effet un minimum d’un million de francs Cfa par spectacle.
Deux grands plateaux à Dakar, à la Place de l’Obélisque et à la Biscuiterie de Médina de l’avenue Bourguiba et ceux des Festivals labellisés des régions de Diourbel, Saint-Louis, Ziguinchor, Louga et Kaolack, sont programmés pour les cultures urbaines du Festival mondial des arts nègres (10-31 décembre). Dirigée par Didier Awadi, cette commission qui regroupe tout ce qui est musique de ville et hip-hop est bénéfique aux rappeurs.
En effet, selon des sources proches de l’organisation, les rappeurs sénégalais qui ont été contactés doivent signer deux contrats : un avec le Festival et un autre avec Awadi. Ils empochent la moitié de leur cachet à la signature et le reste avant de monter sur scène. Mais ils ne doivent pas parler du montant payé. Nos sources de poursuivre en disant que chaque rappeur pour une prestation de 15 à 30 minutes percevra un cachet d’un million de francs Cfa au moins. Ce montant pourra être dépassé, selon la cote du chanteur. Une bonne affaire donc pour les concernés car habituellement, ils ne gagnent sur les scènes sénégalaises qu’entre 100 et 300 000 francs Cfa.
Interpellés sur la question, des rappeurs servent des réponses différentes. Maxy Crazy qui sera sur le plateau de la Biscuiterie le 25 décembre et à Diourbel les 15 et 16 décembre, confirme. «Effectivement, certains rappeurs ont reçu un million et d’autres plus encore», confesse-t-il en soulignant ne pas vouloir parler du montant du cachet qu’il a perçu. «Au Sénégal, les rappeurs reçoivent aux environs de 300 000 et plus parfois. Cela dépend de la personne», ajoute Maxy Crazy.
Duggy-Tee dit avoir été contacté, mais reste à l’écoute. Quant à Carlou D, il affirme qu’il se produira lors du Festival, mais reste discret sur la question d’argent. Simon de Bisbi Clan, le fondateur de Djoloff for life, sera lui sur le plateau de la Biscuiterie, le 18 décembre. Et dans les Festivals labellisés de Diourbel, Kaolack, Ziguinchor et Louga. «Je ne suis pas habilité à parler du montant de mon cachet. C’est dans le contrat et j’ai été contacté et payé ; une somme assez raisonnable. Je n’ai donc pas cherché à comprendre», renchérit-il en confiant que la somme payée dépend de la notoriété du rappeur, de la qualité de son album, de sa cote, etc. «Le cachet des rappeurs sur un plateau ici dépend de beaucoup de choses. Mais il y en a qui reçoivent, 100, 200 ou 300 000», explique Simon.
Un rappeur peut toucher jusqu’à 4 millions et même plus
Le groupe Keur-gui de Kaolack a également confirmé indirectement les montants avancés. «Je ne vous parlerai jamais de mon cachet. C’est mon salaire, c’est personnel», lâche, entre deux rires, Kilifeu qui explique que leur groupe sera le 25 à la Biscuiterie et aussi dans les autres régions. «Tout ce que je peux vous dire, c’est que les cachets dépendent du plateau, des organisateurs. Si c’est un promoteur, d’habitude on reçoit 500 000 francs. Mais la plupart du temps, on fait dans le social et c’est même de l’insulte de donner à un rappeur 100 ou 200 000 francs», renseigne-t-il. «C’est sûr qu’il y a des rappeurs qui ont un million et d’autres plus dans ce Festival», ajoute Kilifeu qui, prenant l’exemple d’un Daara J family ou de Carlou D, «qui jouent avec un orchestre qui compte au moins 5 personnes, souligne que, c’est sûr qu’il n’a pas le même montant qu’un Keur-gui. Les cachets ne sont certainement pas les mêmes».
Kilifeu connu pour son franc-parler, jette des piques aux organisateurs à qui il reproche de considérer plus les artistes étrangers que sénégalais. «Ce que je déplore, c’est le fait de déplacer des artistes étrangers qui coûtent trop cher, comme Akon qui nous vaut 300 millions puisqu’il est entièrement pris en charge, alors qu’il ne représente même pas le Sénégal. Il faut qu’on le dise, ce n’est pas normal. Nous, nous sommes là. Nous avons nos structures et on devrait nous remettre à chacun 50 millions pour faire un grand plateau. C’est cela la vérité», conclut le rappeur de Kaolack. Le même argument est avancé par Thiat du même groupe. «Si c’est Keur-gui, par exemple, un million ne nous suffit pas avec toutes les charges et les besoins que nous avons. Parce qu’on touche plus par mois et que tout travail mérite salaire», martèle-t-il.
Il faut noter que lors de la première émission de «En route vers le Festival» sur la Rts, il y a quelques semaines, le Délégué général, Abdoul Aziz Sow, avait précisé que ce n’était pas lors d’un évènement qu’ils payeraient à un artiste un salaire. Alors que là, paradoxalement, un rappeur peut se retrouver durant ce Festival mondial avec près de 4 millions ou plus pour quatre plateaux.
3 Commentaires
Dddd
En Décembre, 2010 (16:01 PM)Aïcha
En Décembre, 2010 (16:01 PM)Ladyg
En Décembre, 2010 (16:07 PM)Participer à la Discussion