On a l'impression que la Constitution du Sénégal est un tissu mis à la disposition du président Wade. Au regard des révisions constitutionnelles taillées sur mesure, qui ont cours sous son magistère, souvent pour régler des problèmes personnels, la République et l'Etat démocratique ont considérablement souffert de ses ciseaux juridiques. Comme un tailleur dans son échoppe, tantôt il confectionne une (ndokette » (grand boubou pour dame), tantôt un « thiaya » (pantalon bouffant) pour servir une clientèle politique. Un comportement qui, il faut le reconnaître, fragilise l'Etat de droit. Ce n'est pas parce qu'on a une majorité à l'Assemblée, taillable et corvéable à merci, qu'on en fait ce qu'on veut. La démocratie n'est pas un alignement de textes juridiques, mais un comportement, un état d'esprit. C'est ce qui différencie les hommes d'Etat, des hommes de détails. Les grands hommes font les grandes institutions…
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