Plusieurs personnalités dont l’ambassadeur de France au Sénégal, Jean Christophe Rufin, ont déploré le détournement d’objectifs des actions humanitaires qui sont de plus en plus orientées vers l’urgence au détriment de développement. Ils ont pris part au dîner débat organisé, le vendredi dernier, par l’Ordre Souverain de Malte au Sénégal.
« Les fondements de l’action humanitaire », tel est le thème d’un dîner débat organisé à Dakar par l’Ordre Souverain de Malte au Sénégal, une organisation catholique à vocation humanitaire. Le thème de la conférence a été introduit par l’ambassadeur de la France au Sénégal, son excellence Jean Christophe Rufin qui, dans son introduction, a rappelé que les organisations humanitaires sont nées à différentes périodes de l’histoire notamment au Moyen-âge. Il a cité parmi celles-ci l’Ordre de Malte, la Croix-Rouge et les organisations de l’Onu. Ces organismes ont concentré, pendant des années, 75% de leur budget sur les questions de développement et 25% aux actions d’urgences telles que les catastrophes, a indiqué l’ambassadeur de France au Sénégal. « Malheureusement, toutes ces actions humanitaires sont aujourd’hui orientées vers l’urgence. Et les organismes à caractère humanitaire n’attendent que le pays ou le bénéficiaire soit en détresse pour lui venir en aide », a déploré Jean Christophe Rufin qui a cité l’exemple d’Haïti. Selon lui, les populations de ce pays vivaient dans la misère avant le tremblement de terre, mais aucun organisme à caractère humanitaire ne s’est manifesté pour leur venir en aide. Ce n’est qu’après la catastrophe du tremblement de terre que plusieurs organisations humanitaires se sont manifestées, a semblé regretter le conférencier. Avant de dire : « Avec cette manière de faire, nous constatons que ces actions sont orientées vers l’urgence au détriment de celles du développement ». Il a plaidé pour qu’il y ait plus d’équilibre.
A la fin de son exposé plusieurs personnalités dont des universitaires, des religieux, des responsables des d’organisations internationales ont donné leurs points de vue sur la question. Le Pr Ibrahima Fall a déclaré que l’action humanitaire a échoué parce qu’étant orientée vers les conflits et contrôlée par les militaires et les politiques. Alors que la mission des militaires est d’assurer la sécurité et les politiciens se doivent de trouver des solutions aux problèmes du peuple. Il a plaidé pour une réflexion autour des actions où des aides humanitaire, de son avis, sont détournées d’objectifs ces 20 ans dernières années. Le Pr Aloyse Raymond Ndiaye, président du comité de l’Ordre de Malte à Dakar, initiateur de ce dîner débat, a par contre salué la manière dont les actions humanitaires sont coordonnées. Il a rappelé que l’Ordre de Malte au Sénégal fait surtout dans l’humanitaire. L’organisation dispose à l’hôpital Fann de Dakar d’un institut de léprologie
0 Commentaires
Participer à la Discussion