Malgré la décision du ministre de répondre favorablement à leur revendication en maintenant leur directeur à son poste, les travailleurs de l’Ecole supérieure polytechnique de Thiès ont renouvelé de 72 heures leur mot d’ordre de grève.(Correspondance) - Le ministre de l’Enseignement supérieur, des Universités et des Centres universitaires régionaux (Cur), a dénié tout pouvoir de limogeage du directeur de l’Ecole supérieure polytechnique de Thiès (Espt) au recteur de l’université de Thiès. Lequel recteur avait la semaine dernière pris la décision, par arrêté rectoral, de démettre ledit directeur pour, avaient dit les syndicalistes, ‘incompatibilité d’humeur’. Ce qui avait d’ailleurs soulevé l’ire des deux syndicats de l’Espt qui avaient décrété un mot d’ordre de grève de 72 heures renouvelables.
Vingt-quatre heures après ce mouvement d’humeur fustigeant la décision rectorale, les syndicalistes seront reçus, si l’on en croit Daouda Guèye, secrétaire général de l’Intersyndicale des travailleurs de l’Espt, par le ministre Sourang en présence de l’ensemble des directeurs d’école et des doyens d’Unités de formation et de recherche (Ufr) et du représentant du recteur. Ainsi, après exposé des motifs de leur mouvement d’humeur, le ministre leur aurait dit, d’entrée de jeu, toute sa surprise d’avoir eu, par voie de presse, l’information selon laquelle le recteur avait limogé le directeur de l’Ecole supérieure polytechnique de Thiès. Une décision qu’il aurait qualifiée de ‘nulle’, puisque ne reposant sur aucune base juridique.
Selon Daouda Guèye, qui présidait à l’occasion l’assemblée générale d’information de sa section syndicale à l’auditorium de l’Espt, le ministre a été sans équivoque sur la question. ‘Le ministre Sourang nous a clairement signifié qu’il saurait être de parallélisme des formes comme évoqué par le recteur pour justifier son arrêté. Et que par conséquent Khalil Cissé, même s’il a été nommé à titre transitoire par le recteur, devra rester à la tête de l’Espt le temps d’une élection. C'est-à-dire trois ans conformément aux textes qui régissent l’espace universitaire’, renseigne le secrétaire général de l’Intersyndicale des travailleurs de l’Espt. Le recteur s’était, en effet, appuyé sur le parallélisme des formes pour soutenir que toute autorité qui a le pouvoir de nommer quelqu’un, doit aussi avoir celui de le démettre. En plus de ce camouflet, servi au recteur, le ministre aurait aussi, toujours selon Daouda Guèye, non seulement promis de nommer un agent comptable principal mais aussi demandé que tous les directeurs de structures conservent leur autonomie de dépenser leur budget en respectant le cadrage défini.
Toutefois, et malgré la décision du ministre de répondre favorablement à leur revendication en maintenant leur directeur à son poste, les travailleurs ont, à l’issue de leur assemblée, renouvelé de 72 heures leur mot d’ordre de grève, le temps de recevoir l’arrêté ministériel de maintien d’Ibrahima Khalil Cissé à la tête de l’Espt.
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