Il lui a fallu un saut rapide en Guinée Conakry pour rappeler ses promesses au frère Dadis Camara, président intérimaire de ce pays ami qui vit, hélas, depuis un demi-siècle dans l’intérim, pour que resurgisse, devant l’opinion, l’autre objectif fondamental de l’Afrique : construire la paix et l’unité.
Il, c’est le président Abdoulaye Wade, le monsieur Kissinger de l’Afrique contemporaine qui, après avoir présidé, à Dakar, un symposium international sur l’obligation pour l’Afrique de s’unir, jette la balle dans le camp des intellectuels pour les inviter à faire leur cette incontournable question, à la penser, à y réfléchir et ainsi répondre, positivement, au vœu d’un autre grand d’Afrique, Barack Obama, actuel président des Etats-Unis d’Amérique.
Mais, l’Unité africaine tant souhaitée postule d’abord et avant tout la paix des esprits et des cœurs et la bonne gouvernance qui ne semblent pas fleurir en Afrique noire.
Ethnicisme, tribalisme, intolérance religieuse et politique habitent nos plaines, nos forêts et nos campagnes, sans oublier la fascination du pouvoir personnel et de l’argent, ce nouvel opium du peuple.
Si, grâce à Abdoulaye Wade, l’infatigable, la paix est revenue de façon durable en République de Mauritanie où des élections ont pu se tenir pour élire, démocratiquement, un président de la République, il n’en est pas de même en Guinée Conakry.
Que valent, en effet, des élections démocratiques sous une supervision internationale, pour soi-disant trouver à la Guinée que la folie de Sékou Touré a conduite à la ruine économique et à la guerre des ethnies, si le problème du Capitaine Dadis Camara, leader incontestable de l’armée guinéenne et de sa révolution pacifique, apparemment idole des foules guinéennes auxquelles il a ramené la paix et l’espérance, ne trouve pas de solution ? Est-il possible d’imaginer, en Guinée de l’an 2010, un gouvernement où l’armée et le Capitaine Dadis Camara seraient exclus ?
Sans aller jusqu’à imaginer, pour le brillant capitaine, une situation de passe-droit qui assurerait sa protection en cas de retour des politiques face à d’éventuels revanchards, ne pourrait-on imaginer une possibilité de se présenter à la future élection présidentielle, pour lui permettre de sauver son œuvre et celle de ses camarades soldats ? L’actuel président élu de la Mauritanie a pu bénéficier d’un tel artifice politique, grâce toujours à l’intermédiation du président Abdoulaye Wade. C’est la peur de ce qui les attend qui accule souvent certains à s’accrocher à un pouvoir qu’ils ont désormais peur de quitter. Les Jerry Rawlings du Ghana des années soixante-dix à quatre-vingt ne courent pas les rues. Et la bonne gouvernance est-elle assurée lorsque la constitution est tripotée et les organes essentiels de sauvegarde de la démocratie violés ou tout simplement ignorés ?
Les échos qui nous parviennent d’un autre pays africain qui, jusque-là, avait brillé par son respect de la constitution et l’inviolabilité de la durée du mandat présidentiel, plus que nous inquiéter, nous effraient !
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