L’amateurisme gangrène l’art sénégalais. Pour combattre ce mal, Pentagone productions transforme son projet Rue de l’art en une académie de formation artistique.
Musique, stylisme, danse, gestion des spectacles, coiffure, arts dramatiques comme plastiques sont autant de matières que la nouvelle académie des arts de Dakar offre à ceux qui se destinent à une carrière artistique. Il s’agit d’un volet du projet d’insertion des enfants de la rue initié par l’association Pentagone, il ya dix ans a fait savoir, samedi dernier, son directeur Noel Agussu lors d’un point de presse tenu lors de la journée porte-ouverte. Ce nouveau temple privé de l’art répond à un besoin manifeste de formation des jeunes qui veulent mener une carrière artistique professionnelle mais, à celui d’un perfectionnement des actuels pratiquants amateurs.
Selon Malick Sèye Fall, formateur à l’Ecole nationale des beaux arts de Dakar (Enba) par ailleurs, membre de l’académie, «les artistes ont désormais à leur disposition un creuset de formation et d’encadrement accessibles, contrairement à l’Enba. Là-bas, l’entrée se fait par concours. Le candidat doit obtenir le Brevet de fin d’études moyen (Bfem). Ce qui exclut d’office les analphabètes», renseigne-t-il. Son collègue Alain Bernard Diémé, ex- chef de division Arts dramatiques, toujours de l’école publique des Arts de Dakar y trouve une bouffée d’oxygène pour les comédiens sénégalais.
Même les artistes en activité gagneraient à intégrer cette école. Pourquoi ? Faute d’une formation musicale, «les artistes sénégalais passent le double du temps nécessaire dans les studios européens», indique le directeur de l’Académie. Ce qui entraine donc des dépenses supplémentaires d’autant plus qu’il y a beaucoup de fausses notes quand ils sont sur scène, d’après M. Agussu.
L’institut est baptisé du nom du Président de la République du Sénégal, Léopold Sedar Senghor, histoire de lui rendre hommage au regard du travail colossal qu’il a abattu pour la promotion de la culture aux yeux des promoteurs. Ces derniers ont investi 35 millions pour se doter d’équipements modernes et d’un corps professoral de qualité. Pour préserver la dimension sociale, les initiateurs proposent aux étudiants des services à des prix abordables. Pentagone productions qui a déjà fait ses preuves avec des artistes sénégalais comme Pape Diouf est prêt à produire ses pensionnaires tout en nouant un partenariat fécond avec l’Enba, où une demande de formation en arts plastiques est très forte.
Stagiaire
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