Les députés de l’Assemblée nationale ont adopté hier le projet de loi sur le vote des corps militaires et paramilitaires. Le projet a été voté par la majorité libérale soutenue par quelques députés non inscrits comme Me Abdoulaye Babou de l’Alliance des forces de progrès (Afp) et Aliou Dia élu sur la liste de l’Union pour le renouveau démocratique (Urd). Quant aux députés de l’opposition, certains d’entre eux ont voté contre alors que les autres se sont abstenus.
Cependant, faire passer le projet de loi sur le vote des corps militaires et paramilitaires n’a pas été chose facile pour le ministre de l’Intérieur, Me Ousmane Ngom qui a défendu le projet au nom du gouvernement sénégalais. En effet, même si les dés étaient pipés d’avance à cause notamment de la majorité mécanique du Pds, les députés de l’opposition ont tenu à faire valoir leurs arguments. Et, dans ce combat, c’est le professeur Abdoulaye Bathily de la Ligue démocratique/Mouvement pour le parti du travail (Ld/Mpt) qui s’est particulièrement distingué. Le professeur Bathily a plusieurs fois insisté sur les risques que comportent les modalités d’organisation du vote militaire. Selon lui, même si son parti est pour le principe de faire voter les militaires, il reste à réfléchir sur les modalités de ce vote. Car, a-t-il averti, si le Sénégal a jusqu’ici échappé à des crises comme celles que l’on connait dans d’autres pays africains, c’est principalement parce que l’armée a toujours été tenue à l’écart de certaines contingences politiques. Un avis loin d’être partagé par le ministre de l’Intérieur selon qui, le vote militaire fait partie de l’évolution normale du renforcement de la démocratie. Rappelons, en outre, que les militaires et paramilitaires vont voter une semaine avant le jour du scrutin général, mais le dépouillement se fera en même temps que celui du vote des civils. Selon le ministre Ousmane Ngom, les urnes contenant les bulletins de vote des militaires seront gardées par la Cena et ses démembrements. Mais les clés seront confiées au président du tribunal départemental. Pour lui, il s’agit là de suffisamment de garanties pour tenir secret le vote militaire. Des assurances qui n’ont pas du tout convaincu les députés de l’opposition qui ont voté contre le projet de loi. Un projet de loi qui est finalement passé grâce à la majorité libérale.
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