XIBAR.NET (Dakar, 11 Aout 2009)- La précision faite par le Khalife général des mourides à propos de l’affaire « Keur Serigne-bi », où sont illicitement vendus des médicaments », enlève toute chance aux marchands de la mort. C’est l’Etat qu’elle fortifie. Serigne Bara Mbacké démontre ainsi qu’il est à cheval sur les principes laissés par Serigne Touba et appliqués par ses devanciers.
Serigne Bara Mbacké dément toute intervention dans l’affaire « Keur Serigne-bi » : « Je n’ai pas écrit cette lettre ». C’est la Une du jour du quotidien « Le Populaire ». Dans une prétendue lettre, qu’on lui prête, Serigne Bara Mbacké, khalife général des Mourides, aurait déclaré, selon son secrétaire, Bara Wade, qu’il s’opposerait à toute tentative de faire cesser la vente illicite de médicaments dans le domaine appelé « Keur Serigne-bi ». Que nenni ! Ladite lettre, datée du 25 juillet dernier, est fausse. Selon « Le Populaire », Serigne Bara Mbacké aurait déclaré, en privé, qu’il n’a « jamais écrit cette lettre. On aurait compris que j’initie une telle démarche s’il s’agissait d’une propriété de Serigne Fallou », aurait poursuivi le saint homme. Le marabout de poursuivre qu’il a tenu à le dire à Serigne Cheikh Bombali Mbacké, khalife de Serigne Mbacké Madina, fils de Mouhamdou Moustapha Mbacké, fils et premier Khalife du fondateur du Mouridisme. C’est celui-ci qui avait acheté le domaine en 1927, sur ordre de son père, Cheikh Ahmadou Bamba Khadimou Rassoul. Serigne Fallou Mbacké, père de l’actuel Khalife, lui succédera en 1945. De par cette clarification, Serigne Bara Mbacké Fallilou confirme qu’il reste attaché au principe de l’autonomie des familles Mbacké-Mbacké. Chaque fils du fondateur du Mouridisme a son khalife, qui gère et décide de ses biens ; tout comme ceux qu’il a sanctifiés « Cheikh », c’est-à-dire ses représentants. Tous sont quand même sous les ordres du khalife général. La précision de l’actuel guide des Mourides risque d’être fatale à son secrétaire, Bara Wade, qui avait déclaré, le 30 juillet dernier, qu’il avait pondu la missive sous la dictée du saint homme. Le journal a révélé que deux faussaires de la fameuse lettre auraient été identifiés. La précision du marabout, cela va de soit, ôte toute chance aux vendeurs de médicaments illicites de Keur Serigne-bi, sommés par le Premier ministre Souleymane Ndéné Ndiaye de cesser leurs activités illégales le 15 de ce mois. Par sa précision, le marabout témoigne qu’il est attaché à l’Etat, qui se retrouve fortifié du coup. Les marchands des médicaments qui tuent peuvent donc trembler, et les pharmaciens jubiler.
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