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Malgré les rumeurs et les fuites organisées depuis le Palais, le Président de la République tarde toujours à procéder à un remaniement ministériel. Pourtant, selon des sources dignes de foi, il était à deux doigts d’un recadrage de l’attelage gouvernemental. Avec en toile de fond, le départ de Me Ousmane Ngom et de bien d’autres ministres, et l’arrivée de technocrates qui ont fait allégeance à la «Génération du concret». Mais, une nouvelle fois, le «Chef» a décidé d’atermoyer, sans doute pour déjouer les pronostics et réserver des surprises renversantes à ses concitoyens. La prudence de Wade serait due à une stratégie mûrement réfléchie et qui devrait lui permettre de gagner du temps en laissant la session budgétaire se terminer au Parlement. Pendant ce temps, soulignent nos sources, le président de la République examine minutieusement le «contenu explosif» des rapports de la Cour des Comptes et de l’Ige. Plusieurs sociétés nationales et ministères seraient dans le collimateur des auditeurs de deniers publics.
Le gouvernement et le Pds sous «perfusion»
Ainsi que l’ont constaté beaucoup de confrères et d’analystes politiques, l’Etat se trouve dans un brouillard. Certains ministres attendent, s’ils ne sont pas en train de solliciter les services de «faiseurs de miracles». Les sociétés publiques et d’autres démembrements de l’Etat sont suspendus au contenu des audits… Au même moment, le Pds, qui traverse une grande crise, est toujours en proie à des luttes fratricides. Des informations concordantes font état du souhait exprimé par son Secrétaire général national de procéder à une refonte totale de ses instances. «Du sommet à la base, tout sera réorganisé», affirme un fin connaisseur du Pds. Des changements sont au sommet et au niveau des autres structures. Le comité directeur pourrait se transformer en bureau politique plus élargi. Au niveau de l’Assemblée Nationale aussi il est prévu une modification à la tête du groupe parlementaire libéral et démocratique. Mais, de là à affirmer que Me Wade pourrait donner le ton en renonçant à sa casquette de chef de parti, il y a un grand pas.
Un terrain miné
La création d’un poste de président du Pds (qui devrait être occupé par Me Wade) est potentiellement dangereuse pour celui qui est pressenti pour être secrétaire général de ce parti. Car tous les responsables libéraux qui ont eu des problèmes au sein du Pds sont tombés en disgrâce parce qu’ils ont été regardés à un moment comme alter ego de Wade. Ils sont ainsi accusés d’entretenir une dualité au sommet de l’Etat ou du Pds. Les cas d’Idrissa Seck et de Macky Sall en sont des preuves tangibles. Autant dire que le terrain est miné pour tous ceux qui s’agitent ou qui sont proposés pour occuper ce poste très stratégique pour contrôler le Pds, mais aussi, par ricochet, pour avoir la mainmise sur l’appareil d’Etat
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