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Les cambrioleurs ayant accompli leur forfait ont rebroussé chemin sans tambours ni trompettes mais aussi sans causer le moindre mal ni sur le vigile ni sur la caissière. Pourtant toute la scène s’est déroulée devant elle, même si Mariama Kassé ‘Yama’ a soutenu mordicus devant les enquêteurs avoir dénombré ses assaillants, avec notamment un adulte et trois autres moins jeunes, tous des Peuls. Interrogée sur la nature des armes qui ont été brandies par les malfrats, Yama s’est abstenue de toute description. Elle aurait évité d’ameuter les gens sous peine d’être tuée, déclare-t-elle, au cours de son audition à la police.
Son acolyte, dans cette ‘nuit mouvementée’ au district de Mbacké, El Hadji Ndao lui reste très confus dans ces déclarations. Ce vigile, en service le moment des faits, soutient avoir aperçu de loin un individu se démenant vers la porte de la cabine où s’était enfermée la dame Yama mais a cru qu’il s’agit d’un malade mental habitué à fréquenter le district. Selon lui, l’homme en question faisait des va-et-vient entre le portail et la cabine, muni d’un arc ; ce qui l’obligea à chercher un gourdin dans les coins pour le dissuader. Mais la contradiction dans ses propos est qu’il dit avoir perçu un bruit à l’intérieur de la cabine, au terme de ses patrouilles et n’étant pas armé, il est allé chercher de quoi affronter ce ‘mystère’. C’est à son retour qu’il aurait aperçu les quatre individus prendre la poudre d’escampette.
Devant les enquêteurs, la caissière comme le vigile, interpellés sur leur mutisme pendant les faits, n’ont servi aucune réponse rassurante. Suffisant pour que les éléments du commissaire Camara pensent à leur complicité dans cette affaire. Les policiers sont confirmés dans leurs positions par le fait que quand ils se sont rendus sur les lieux du ‘cambriolage’ pour procéder au constat d’usage, ils ont découvert dans le tiroir des liasses de billets d’un montant de 300 mille francs ; alors que la caissière avait affirmé que tout l’argent a été emporté.
Autant d’incompatibilités et de non-dits dans cette affaire, selon les enquêteurs. Comment une dame peut-elle être assaillie à cette heure de la nuit, sans pousser le moindre cri du début à la fin du forfait. Mais aussi parvenir à maîtriser au détail prés leur accoutrement sans pour autant savoir les types d’armes sont braqués sur elle ? Comment est-elle parvenue à prendre le soin de constater que quelques objets gardés dans son sac ont été emportés par les assaillants sans pouvoir vérifier au préalable si la totalité de l’argent s’est ‘volatilisée’ ? Ce reste du butin suscite beaucoup de commentaires. Avec ces propos contradictoires et nébuleux qu’ils ont livrés, Mariama Kassé et El Hadji Ndao sont tous les deux mis à la disposition de la police pour les besoins de l’enquête diligentée par les éléments du commissaire Camara.
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