Dakar, 5 août (APS) – Le président de la République maître Abdoulaye Wade a proposé mardi à Dakar la mise en place d’un dispositif de protection sociale pour tous ses compatriotes à travers la création d’un fonds de 12 milliards de francs CFA alimenté par une cotisation annuelle de 1.000 francs de la part de chaque Sénégalais.
’’Il nous faut réfléchir sur une assurance globale pour toute la société. Il suffit de faire une sorte de tontine nationale pour arriver à faire bénéficier d’une protection les travailleurs, les paysans, les chômeurs, toutes les couches de la société’’, a indiqué le chef de l’Etat à l’ouverture des assises nationales de l’action sociale.
Ces rencontres qui s’achèveront vendredi sont organisées par le ministère de la Famille, de l’Entreprenariat féminin et de la Microfinance, en partenariat avec le Syndicat unique des travailleurs de la santé et de l’action sociale (SUTSAS).
’’Si chaque sénégalais cotise 1000 francs par exemple. Nous disposerons d’un fonds de 12 milliards de francs pouvant avec l’appui du budget constituer une assurance pour toutes les couches de la société’’, a-t-il notamment suggéré.
Selon le président de la République, ‘’tous les Sénégalais, les paysans, les chômeurs et d’autres catégories de la société en particulier qui n’ont pas la possibilité de soigner leurs enfants en cas de maladie pourront faire appel à ce fonds’’.
Il a ajouté : ‘’il faut aujourd’hui aller vers la cotisation de tous pour tous. La solidarité existe. Mais ce modèle a ses limites. Il ne répond plus aux réalités du moment. Il nous faudrait éliminer cette forme dégradante qu’est l’assistance’’.
’’Tout l’argent que nous donnons horizontalement peut être organisé. Tout le monde donne. Les employés comme les employeurs. Ce qui fait que nous n’avons pas la possibilité d’épargner. Combien de personnes dépendent du salaire d’un travailleur ?’’, s’est-il interrogé.
Le président Wade a laissé entendre que ‘’cette pratique assure la cohésion des sociétés africaines. Les Occidentaux ont toujours considéré que les Africains n’avaient pas besoin d’assurance. C’est la société qui assure l’individu. Mais ce modèle n’est plus adapté’’.
’’La société est ce qu’elle est. Il faut l’étudier comme elle est. Certaines pratiques sont des blocages. ll faut réfléchir sur ces questions. Le monde d’aujourd’hui n’est pas celui du 19-ème siècle’’, a relevé le chef de l’Etat avant d’ajouter : ‘’nous devons regarder les choses en face, les étudier pour trouver des solutions. Comment peut-on faire 15 à 20 enfants, les jeter dans la rue et prendre une nouvelle épouse ?’’.
’’Aujourd’hui il n’y a pas de solutions pour prendre en charge ces enfants. Ces enfants sont à la charge de la société’’, a-t-il déploré.
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