Selon lui, le renouveau de la Ummah islamique se fera avec une organisation revitalisée, dotée de capacités institutionnelles et de moyens humains et financiers à la dimension des ambitions que se sont fixées les membres. La réforme de la charte obéit à cette exigence et « c’est au prix de cette réforme urgente que l’Oci répondra avec efficacité aux attentes ». Dès lors, il revient aux Chefs d’Etat la décision finale de mettre l’Oci sur la trajectoire ascendante pour qu’elle garde vivace le flambeau de la Ummah et réponde aux espoirs des peuples.
Réagissant au thème de « La Ummah Islamique au 21 ème siècle » avec les deux composantes : le « partenariat économique et culturel » et le « partage du savoir » le Chef de l’Etat a montré qu’il est paradoxal que, malgré l’héritage si précieux, les énormes potentiels humains (plus d’un cinquième de la population mondiale) et les immenses ressources, le monde musulman soit à la fois riche et indigent dans sa grande majorité alors même que les principes de solidarité, d’équité et de partage gouvernent la foi des musulmans. C’est pourquoi il inscrit son mandat sur deux axes.
Le premier axe est basé sur le partenariat économique, social et culturel. A ce propos, Me Wade soutient qu’aujourd’hui, les musulmans sont individuellement et collectivement interpellés par la nécessité d’une dynamique partenariale dans les domaines économique, social et culturel. Ce qui fait qu’au-delà du culte, il plaide pour le renforcement de l’unité et les fondements d’une cohésion pour que « la Ummah renforcée joue pleinement son rôle dans la conduite des affaires du monde ». A l’en croire, si l’objectif de la troisième session extraordinaire tenue à la Mecque en 2005 était de contribuer à l’émergence de relations économiques, sociales, culturelles et scientifiques concrètes, à la hauteur des liens politiques unissant les Etats, la solidarité ne doit pas seulement se décliner en en terme d’assistance. « Nous devons apprendre à mieux nous connaître pour mieux apprécier nos possibilités d’échanges économiques et commerciaux, d’investissement et de partenariat dans l’espace Ummah » a suggéré Me Wade.
C’est dans ce cadre qu’il propose un financement novateur de la lutte contre la pauvreté et du développement. « Nous souhaitons que les investisseurs arabes interviennent en Afrique, continent de l’avenir avec plus de 1 milliard 700 cents millions de consommateurs en 2050, aussi largement que possible ».
Mieux encore, le Chef de l’Etat lance un appel à l’effacement de la dette des pays africains membres de l’Oci conformément aux recommandations du Sommet de la Mecque. Pour la mobilisation des fonds, il prône la récupération des masses d’intérêts prohibés par la « Charia » qui s’élèvent à plus de 500 milliards générés par les fonds déposés dans des pays musulmans pétroliers, en Occident pour financer la lutte contre la pauvreté et le développement. Il y a aussi les ressources liées à la hausse du prix du pétrole. Dans ce volet, la proposition de Me Wade consiste à obtenir de l’Opep (Organisation des pays producteurs de Pétrole), chaque fois qu’elle augmente le prix du pétrole, d’ajouter 2 points en faveur du fonds Pétrole/pauvreté qu’il a lancé. Pour ce qui est du partage du savoir, le Président de la République rappelle que l’Islam exalte le savoir, l’effort de réflexion personnelle et la pensée critique. Ce qui fait qu’il ne devrait donc pas être source de fanatisme et d’obscurantisme. C’est pourquoi, il a invité les fidèles à revisiter l’histoire pour faire connaître la contribution substantielle que la Ummah a apportée au patrimoine de l’humanité.
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