Après la tentative avortée du putsch organisé par l'ancien chef d'Etat-major Gambien contre le Président Yaya Jammeh et la répression qui s'en est suivie, le mystère, peu à peu, commence à être percé. Si pour le moment, aucune preuve matérielle de la participation du Sénégal n'est disponible, il s'avère que les putschistes eux, auraient été tués. Mardi 21 mars. À la tête d'une forte délégation, le Président Yaya Jammeh est l'hôte de son homologue mauritanien, le colonel Mouhamed Ely Ould Vall. Longtemps considéré comme le principal allié du Président déchu, Maouhouiya Ould Taya, Yaya Jammeh se rendait en Mauritanie pour montrer aux nouvelles autorités de ce pays que la page Taya est tournée. À des centaines de kilomètres de là, dans la résidence d'un haut officier de l'Armée gambienne, le chef d'état-major, le colonel Samba Ndour Thiam se réunit pour la dernière fois avec ses hommes. Pour discuter une dernière fois, du poste qui devait revenir à chacun d'entre eux dans le gouvernement qu'ils s'apprêtaient à former. Non satisfait du poste qui devait lui revenir, le colonel Lang Tombong Tamba, s'éclipse. Il contacte le protocole du Président Yaya Jammeh et l'informe du coup en préparation. Déclarant avoir infiltré le groupe pour mieux le neutraliser. Informé, Yaya Jammeh demande à l'homme de faire «arrêter le processus par tous les moyens». Comme Yaya Jammeh est impopulaire, un membre de son cortège appelle le chef d'état-major et lui dit que le Président est au courant de l'affaire. Le colonel, arme au point, informe ses camarades et disparaît. Après avoir raccroché avec le colonel Tamba, le Président appelle son chef du service de renseignements. Daba Maréna, le patron de la fameuse NIA (National Intelligence Agency). Il tombe sur sa boîte vocale. Et en conclut que ce dernier est dans le coup et qu'il peut se passer de lui. Il appelle son oncle, Abdoulaye Goudiaby, le prédécesseur de Maréna à la tête de la NIA. Ce dernier lui raconte n'être au courant de rien. Fâché, le Président conclut qu'ils sont tous les deux dans le coup. Yaya Jammeh est contacté une heure plus tard, par le colonel Tamba qui affirme avoir «mis aux arrêts toute la bande». Le Président lui demande de «les mettre à l'abri». Il lui demande de les amener à la prison de Mile 2. Cette prison réputée de haute sécurité se trouve à deux kilomètres de Banjul. En cours de route, le Président contacte son cousin, Ousmane Sonko. Ce dernier est l'inspecteur général de la police (équivalent du Directeur Général de la Sûreté Nationale au Sénégal : NDLR) Il fait intercepter le convoi et se «charge des hommes». Plus tard, le Président Jammeh atterrira à l'aéroport de Banjul. La mine grave, il félicite chaleureusement Sonko et Tamba et se dirige vers le palais. Tamba sera nommé sur le champ, chef d'état-major des Armées.
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