(Correspondance) - Selon des informations recueillies auprès des pêcheurs de Ndangane Sambou, une pirogue aurait quitté Djiffer (département de Fatick), la nuit du mercredi au jeudi dernier en direction des côtes espagnoles. La pirogue a embarqué plus de deux cents Sénégalais candidats à l’émigration.
Chacun de ces voyageurs aurait déboursé la somme de 500 000 F, pour gagner l’Espagne par voie maritime. Calcul fait, les responsables du réseau ont donc empoché la somme de plus de 100 millions de francs. Dans cette pirogue, la plupart des candidats sont âgés entre vingt-cinq et trente cinq ans. Ils sont, le plus souvent, des pêcheurs venus de Joal, Palmarin, Djiffer, Ndangane Sambou, des îles du Saloum et même de Kaolack. ‘Ce n’est pas une rumeur. Il y avait bien une pirogue qui était là à Djiffer pour emmener des gens en Espagne. La pirogue est partie la nuit du mercredi. Moi même je devais être du voyage. Mais je n’ai pas la somme nécessaire. Tout de suite, si je rassemble 400 000 ou 500 000 francs, je pars’, explique Sadibou Sarr, jeune pêcheur à Ndangane Sambou. ‘Au moment où je vous parle, il y a une autre pirogue prête à partir’, ajoute-t-il.
A Ndangane Sambou, un des jeunes candidats à l’émigration aurait même vendu sa maison familiale pour pouvoir embarquer. Actuellement, sa famille habite dans une maison à location. Interrogée, la maman de ce jeune garçon n’a confirmé ni infirmé l’information. ‘De toute façon mon fils est parti. Je souhaite qu’il arrive dans de bonnes conditions. Si mon fils a vendu notre maison, ce n’est l’affaire de personne’, déclare-t-elle. D’autres jeunes pêcheurs auraient même volé les moteurs à pirogue de leurs parents pour avoir le billet. C’est dire qu’à l'heure actuelle, de Djiffer à Ndangane en passant par Palmarin, c’est la panique totale chez les parents.
Certes l’Etat est en train de prendre des mesures pour lutter contre ce fléau. Mais il serait tout aussi nécessaire d'initier des campagnes de sensibilisation auprès de certains marabouts. La plupart de ces jeunes sont encouragés par des marabouts. ‘Avant de partir, nous consultons les marabouts ou les charlatans. Ils nous disent si la route sera bonne ou pas, ce qu’il faut sacrifier avant de partir. D’autres vont voir leur marabout qui leur donne des bénédictions. Moi j’y crois fermement. Si mon marabout me dit de partir, je pars. Au cas contraire, je reste’, fait savoir un autre candidat à l’émigration.
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