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Rebondissement dans l’affaire du brûlot du journaliste Abdou Latif Coulibaly intitulé ‘Lonase : chronique d'un pillage organisé’, publié en juillet 2007. En effet, la parution de ce livre est à l'origine de la traduction en justice de la maison d'édition Sentinelle, de l'imprimerie Monteiro ainsi que de l'Agence de distribution de presse (Adp) pour diffamation et injures publiques.
L'initiateur de la procédure judiciaire n'est personne d'autre que le directeur général de la Loterie nationale sénégalaise, Baïla Wane. En première instance, les principaux mis en cause étaient sortis indemnes du procès intenté à leur encontre par le patron de la Lonase et des cadres de son entreprise. Les poursuivants étaient déboutés de toutes leurs prétentions pour vice de forme. La raison ? La citation directe servie aux prévenus était déclarée irrecevable. Ce qui avait entraîné l’annulation de la procédure. Cette décision du juge, intervenue le 4 mai 2008, avait ainsi interrompu l'épilogue d'une affaire qui faisait l'objet de plusieurs renvois. Un jugement face auquel le patron de la Lonase avait contesté en relevant appel de la décision de justice.Cette affaire vient d'atterrir sur la table du juge d'appel qui décide de convoquer les deux parties après les vacances judiciaires. Plus exactement, à la date du 5 novembre prochain.
Les principaux mis en cause dans cette affaire sont la dame Marie Antoinette Monteiro de l’imprimerie Monteiro qui a tiré le livre, Jacques Martinez de l’Adp, pour avoir distribué l’ouvrage du journaliste Abdou Latif Coulibaly, ainsi que la maison d’édition Sentinelle.A l'issue du procès, qui s'est tenu le 31 janvier 2008, la requête de la défense aura eu les résultats escomptés. Les avocats avaient alors soulevé une exception visant à obtenir la nullité partielle de la citation directe : ‘La citation est nulle si on ne mentionne pas le nom du directeur général. La citation ne spécifie pas qui est auteur, qui est co-auteur ou complice. Les autres prévenus n’ont pas participé à la confection de l’ouvrage. Baïla Wane agit ès nom dans cette affaire, de même que la Lonase. Donc, il lui serait impossible d’agir en cas de dénonciation calomnieuse. Toutes ces raisons justifient la nullité de la citation’.
A l’annonce de cette décision de justice, Me Samba Bitèye, avocat du journaliste confrère Abdou Latif Coulibaly, exprimait ainsi sa satisfaction : ‘Il y a un goût d’inachevé. Parce que c’est une procédure qui aurait mérité une décision sur le fond. Nous avons le sentiment voire la conviction que dans cette affaire, la vérité était du côté de notre client, Abdou Latif Coulibaly.’ Son client avait réitéré les propos contenus dans son livre en ces termes : ‘J’assume l’intégralité de mes écrits. Je les ai fondés sur des faits.
La Lonase, c’est la gestion peu orthodoxe et inquiétante de Baïla Wane, un festin en cours au sein de l’entreprise, des directeurs et conseillers spéciaux transformés en cadres dociles par un directeur général qui aurait démontré son incompétence et sa cupidité. Baïla Wane aurait aussi fait preuve d’une générosité suspecte dans des contrats complaisants avec ses proches grassement rémunérés et des stages à l’extérieur couvrant des affaires privées.’
Le patron de la Lonase était défendu par Me Ciré Clédor Ly et ses confrères qui, lors de cette audience, avaient demandé au juge de déclarer les prévenus coupables et de les condamner à payer à Baïla Wane et aux directeurs adjoints de la Lonase, au Président du conseil d’administration et aux deux conseillers, la somme de 250 millions Fcfa pour chacun.En sus, les avocats avaient aussi demandé la somme de dix milliards de francs Cfa pour la Lonase.
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