Après avoir fouiné dans les contrats au siège du Comité national de gestion de la lutte (Cng), la Direction des impôts n’a pas hésité à envoyer des lettres aux lutteurs, pour leur demander de s’acquitter de leurs impôts sur les revenus. Une sommation qui semble tomber dans l’oreille d’un sourd puisque les lutteurs interpellés n'ont pas réagi.
«Les lutteurs Yakhya Diop dit Yékini et Mor Talla Ndiaye dit Yékini Jr de l'écurie Ndakaaru, Mohamed Ndao Tyson et Eumeu Sène Ngom de Boul Faale, Ansou Cissé dit Lac de Guiers 2 du Walo, Oumar Sakho dit Balla Gaye 2 et Cheikh Ka de l'Ecole de lutte Balla Gaye, Modou Lô et Saliou Ciss dit Zoss de Rock Energie, Pape Sow de Fass, Seybatou Boye alias Thieck de Pikine Mbollo et Tapha Tine de Baol Mbollo ont été sommés de payer leurs impôts dans les plus brefs délais. Une correspondance leur a été adressée par la Direction des impôts, par le biais du Comité national de gestion de la lutte», révèle une source proche du Cng.
La source précise qu'une première convocation avait été envoyée aux lutteurs, mais aucun d'eux n'avait daigné y déférer jusqu'à l'expiration du délai d'un mois qui leur avait été imparti. À la suite de cela, certains parmi ces lutteurs ont reçu des lettres dans lesquelles étaient consignés des montants forfaitaires qu'ils devaient payer en guise d'impôt sur le revenu.
«Eumeu Sène, Balla Gaye 2, Lac de Guiers 2 et Modou Lô devaient s'acquitter chacun d'un forfait d’un million de francs Cfa auprès des services fiscaux. En ce qui concerne Tyson et Yékini, j'ignore la somme qui leur a été demandée. Je sais simplement que leurs managers ont réceptionné les correspondances et que, très certainement, ils vont payer plus que les autres à cause du niveau plus relevé de leurs cachets», indique notre interlocuteur qui pense savoir que «les sommes demandées par le fisc varient de 800 000 francs à plus de 3 000 000 de francs Cfa».
Un manager qui a requis l’anonymat fustige toutefois la démarche de la Direction des impôts. «Je ne comprends pas une telle attitude. Car, au moment où dans ce pays certaines personnes sont exonérées de taxes, on traque les lutteurs et les promoteurs qui ne sont que des bonnes volontés. Au moment où on cherche à développer la lutte à la place de l’Etat, on pourchasse les acteurs qui contribuent au développement de la discipline. Vous savez très bien que tout l’argent des lutteurs est dépensé dans la préparation mystique et physique. Et souvent même, le lutteur est obligé de s’endetter pour s’en sortir», explique-t-il.
Enfonçant le clou, il déclare sous le ton de la dérision : «Dans ce cas, pourquoi ne demande-t-il on pas aussi aux marabouts qui perçoivent des 'Adiya' de payer des impôts ?» «Je suis certain que si les gens persistent à vouloir soutirer de l’argent aux lutteurs et aux promoteurs, on risque d’aller vers une crise qui pourrait plonger la lutte dans une profonde léthargie», peste le manager qui dit craindre qu'après les lutteurs et les promoteurs, ce ne soit au tour des managers d'être épinglés par le fisc.
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