
Par décret signé le 13 janvier dernier, le Président Bassirou Diomaye Faye a élevé le cimetière militaire de Thiaroye en cimetière national et institué la date du 1er décembre «Journée des tirailleurs sénégalais». Rendant compte au Conseil des ministres réuni mercredi au palais de la République de la poursuite des travaux du Comité de commémoration en décembre 2024 du 80ème anniversaire du Massacre des tirailleurs sénégalais à Thiaroye, le Premier ministre Ousmane Sonko a informé le Conseil que «les compléments d’informations requis sont toujours attendus» et que «devant cette contrainte, des fouilles archéologiques seront entreprises».
Interrogé par L'Observateur, Pr Moustapha Sall, archéologue, va plus loin. Le vice-président de la sous commission archéologique pour Thiaroye 44 explique «les différentes étapes» à suivre.
«[...]. Ce que nous comptons faire parce que pour Thiaroye, la démarche archéologique, n'est pas aussi simple, c'est sur deux étapes. La première en cours, c'est d'abord de pouvoir disposer des informations aussi bien au niveau des archives que des témoignages pour aller sur place et essayer de localiser les endroits qui sont susceptibles soit de contenir des fosses communes, soit des sépultures individuelles. Il va falloir qu'on ait l'autorisation même d'aller fouiller dans les cimetières», détaille-t-il.
L'interlocuteur du journal de poursuivre : «Donc là, ce n'est pas encore la fouille, mais d'exploiter les photos, d'aller sur le terrain. On est en train de regarder les archives photographiques de cette zone à cette période-là. On nous dit, en termes de repères : L'hôpital, le cimetière actuel, le camp militaire, etc.» Une difficulté se pose, relève-t-il, «à l'heure actuelle, toute la zone est occupée» : «On a reçu récemment des photos anciennes de cette période-là. L'autoroute à péage a eu peut-être à faire disparaître quelques témoins. [...]. Si l'étude d'impact culturelle était très bien faite, on aurait pu à cette époque-là, récolter déjà beaucoup d'indices et même baliser certains sites. Ce qui n'a pas été fait.»
Tout espoir n'est pas encore perdu car avance Sall, «il y a certains collègues historiens qui ont regardé jusqu'en 2014. Ils avaient trouvé quelques indices. Donc, nous y allons en tant qu'archéologues. On va aller prospecter. C'est à dire d'abord voir à partir de ce que les archives disent qu'est-ce qu'on peut trouver ? Et ensuite, aller faire la prospection terrestre, pédestre, regarder et identifier ces différentes zones. »
La seconde approche consistera, «si toutefois la première est concluante», détaille-t-il, «de faire une fouille archéologique». Le spécialiste explique «qu'il ne s'agira pas d'amener une pelleteuse, un caterpillar pour enlever le sol, mais il va falloir ouvrir, regarder la succession des couches et voir à quel niveau, on trouve des objets».
«[...]. S'il y a des fosses communes, on peut les retrouver. S'il y a même éventuellement des squelettes mutilés et tout, avec des collègues qui font de la bio-anthropologie ou de l'anthropologie physique, on peut vous dire même la nature des balles utilisées», renchérit-il.
Ces fouilles, appuie l'archéologue, pourraient apporter «des éléments de correction par rapport au nombre de tirailleurs tués, comment ils ont été tués, leur vie journalière, les objets qui ont survécu à l'usure du temps», et «permettre à certaines familles de retrouver un parent [afin de] faire leur deuil».
Sall insiste toutefois sur la question du coût des travaux : «C'est une question que nous poserons à l'État parce que c'est lui qui commande. Mais les recherches archéologiques coûtent cher. [...]. Ce n'est pas pareil où il faut juste payer un billet ou deux billets à des collègues qui vont dans les archives ailleurs. Il va falloir mettre les moyens. [...].»
Interrogé par L'Observateur, Pr Moustapha Sall, archéologue, va plus loin. Le vice-président de la sous commission archéologique pour Thiaroye 44 explique «les différentes étapes» à suivre.
«[...]. Ce que nous comptons faire parce que pour Thiaroye, la démarche archéologique, n'est pas aussi simple, c'est sur deux étapes. La première en cours, c'est d'abord de pouvoir disposer des informations aussi bien au niveau des archives que des témoignages pour aller sur place et essayer de localiser les endroits qui sont susceptibles soit de contenir des fosses communes, soit des sépultures individuelles. Il va falloir qu'on ait l'autorisation même d'aller fouiller dans les cimetières», détaille-t-il.
L'interlocuteur du journal de poursuivre : «Donc là, ce n'est pas encore la fouille, mais d'exploiter les photos, d'aller sur le terrain. On est en train de regarder les archives photographiques de cette zone à cette période-là. On nous dit, en termes de repères : L'hôpital, le cimetière actuel, le camp militaire, etc.» Une difficulté se pose, relève-t-il, «à l'heure actuelle, toute la zone est occupée» : «On a reçu récemment des photos anciennes de cette période-là. L'autoroute à péage a eu peut-être à faire disparaître quelques témoins. [...]. Si l'étude d'impact culturelle était très bien faite, on aurait pu à cette époque-là, récolter déjà beaucoup d'indices et même baliser certains sites. Ce qui n'a pas été fait.»
Tout espoir n'est pas encore perdu car avance Sall, «il y a certains collègues historiens qui ont regardé jusqu'en 2014. Ils avaient trouvé quelques indices. Donc, nous y allons en tant qu'archéologues. On va aller prospecter. C'est à dire d'abord voir à partir de ce que les archives disent qu'est-ce qu'on peut trouver ? Et ensuite, aller faire la prospection terrestre, pédestre, regarder et identifier ces différentes zones. »
La seconde approche consistera, «si toutefois la première est concluante», détaille-t-il, «de faire une fouille archéologique». Le spécialiste explique «qu'il ne s'agira pas d'amener une pelleteuse, un caterpillar pour enlever le sol, mais il va falloir ouvrir, regarder la succession des couches et voir à quel niveau, on trouve des objets».
«[...]. S'il y a des fosses communes, on peut les retrouver. S'il y a même éventuellement des squelettes mutilés et tout, avec des collègues qui font de la bio-anthropologie ou de l'anthropologie physique, on peut vous dire même la nature des balles utilisées», renchérit-il.
Ces fouilles, appuie l'archéologue, pourraient apporter «des éléments de correction par rapport au nombre de tirailleurs tués, comment ils ont été tués, leur vie journalière, les objets qui ont survécu à l'usure du temps», et «permettre à certaines familles de retrouver un parent [afin de] faire leur deuil».
Sall insiste toutefois sur la question du coût des travaux : «C'est une question que nous poserons à l'État parce que c'est lui qui commande. Mais les recherches archéologiques coûtent cher. [...]. Ce n'est pas pareil où il faut juste payer un billet ou deux billets à des collègues qui vont dans les archives ailleurs. Il va falloir mettre les moyens. [...].»
4 Commentaires
Manou
il y a 6 jours (22:42 PM)Manou
il y a 6 jours (22:42 PM)Manou
il y a 6 jours (22:42 PM)Participer à la Discussion