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À la veille du dialogue social initié par le régime, le Comité de la plateforme de réflexions (CPR) Dooleel PIT-Sénégal exprime sa position. "Nous saluons cette initiative du gouvernement visant à engager un échange inclusif et sincère entre les forces vives de la nation", a déclaré le CPR Dooleel PIT-Sénégal.
Le comité estime que ce dialogue ne saurait être un simple rituel institutionnel, mais doit être une tribune d’expression pour répondre aux défis économiques et sociaux hérités de décennies de mauvaise gestion et de politiques extraverties. "Le rapport accablant de la Cour des comptes a révélé des faits précis et chiffrés mettant en lumière l’ampleur du gaspillage des ressources publiques, des détournements massifs et du clientélisme organisé", ont déclaré ses membres.
Pour le CPR, il est important de situer les responsabilités, mais également d’infliger des sanctions exemplaires pour restaurer la confiance des citoyens dans l’action publique.
Pour une gouvernance financière rigoureuse et équitable
"L’heure est venue d’opérer un tournant décisif en réformant en profondeur l’administration financière", soutient le CPR. Et pour ce faire, le mouvement pense qu'il faut :
1. Réduire "significativement" le train de vie de l’État en supprimant les dépenses de "prestige" et en révisant les avantages "injustifiés" accordés à certaines catégories de hauts fonctionnaires et d’élus.
2. Proposer un audit et un recensement exhaustifs de la Fonction publique, afin de maîtriser la masse salariale et d’optimiser l’affectation des ressources humaines dans les services publics.
3. Réviser la grille salariale des agents de l’État et réduire les écarts "injustifiés" en mettant en place une fiscalité plus progressive. "Il est impératif de réformer les institutions de contrôle, afin qu’elles jouent pleinement leur rôle de garde-fous contre la prédation des ressources nationales".
Le CPR pense aussi que l’État doit impérativement reprendre le contrôle de ses ressources fiscales en mettant fin aux exonérations fiscales abusives accordées à certaines institutions internationales et grandes entreprises, en renforçant la lutte contre l’évasion fiscale et en réorientant la collecte des recettes publiques vers le financement des services sociaux de base, notamment l’éducation, la santé et la protection sociale.
En ce qui concerne la refonte du système fiscal, le CPR souhaite une redistribution équitable des richesses et un financement durable des politiques publiques. Il a aussi fait des propositions pour mieux gérer le système économique : "La transformation de notre économie ne peut se faire sans un investissement massif dans des secteurs stratégiques."
Le Comité de la plateforme de réflexions (CPR) Dooleel PIT-Sénégal a ainsi parlé de l'autonomisation des jeunes par la formation, pour en faire des acteurs centraux de la croissance nationale, du développement des sociétés nationales et du soutien aux industries naissantes, pour réduire la dépendance économique et maximiser la création d’emplois durables. Le CPR suggère le renforcement de la souveraineté alimentaire et la limitation de l’influence des spéculateurs, ainsi que la reprise en main des ressources naturelles telles que le gaz, le pétrole et les minerais, afin qu’elles "bénéficient pleinement au peuple sénégalais et non à des intérêts étrangers".
Un engagement ferme pour une politique de progrès social
Le CPR rejette toute tentative d’imposer une politique qui ne ferait qu’aggraver les inégalités. "Nous plaidons pour une gouvernance fondée sur la justice sociale, en accord avec la Vision 2050". Le comité dit s’opposer fermement à toute tentative de manipulation syndicale par des dirigeants "acquis à des intérêts politiques ou économiques contraires aux aspirations des travailleurs", a déclaré le CPR.
Pour finir, il a appelé à un engagement collectif pour éviter les licenciements abusifs et préserver les emplois dans les secteurs stratégiques ainsi qu'à un renforcement du dialogue entre l’État et les forces sociales, basé sur la transparence, la responsabilité et la défense des intérêts du peuple.
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