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À l’en croire, la situation des cancers pédiatriques au Sénégal reste préoccupante, malgré les efforts entrepris pour améliorer la prise en charge. "Nous faisons face à des difficultés considérables, en particulier concernant les ressources humaines et l'infrastructure. Le manque de formation continue et l'absence d'un service suffisamment étendu pour accueillir tous ces enfants sont des obstacles majeurs", déclare le Dr Diouf. En octobre 2000, la création de l'UOP a marqué un tournant, avec des initiatives importantes pour renforcer les capacités diagnostiques et la formation des oncologues pédiatriques.
Une seule unité de traitement, des ruptures de médicaments
Cependant, l’unité reste la seule de ce type dans tout le pays, et les ressources restent insuffisantes. Le Dr Diouf précise : "Nous avons actuellement quatre oncologues pédiatres en activité, mais la demande est bien supérieure. Il faut une décentralisation et une expansion des services pour couvrir tout le territoire." La situation est d'autant plus difficile en raison de la pénurie d'équipements et des ruptures fréquentes de réactifs nécessaires pour établir un diagnostic précis. "Nous manquons d'infrastructure et de matériel, notamment dans les laboratoires, la radiologie, et les services d'anatomopathologie. Sans ces outils, il est difficile de poser un diagnostic correct et de donner aux enfants le traitement qu'ils méritent", explique le Dr Diouf.
Les médicaments anticancéreux, essentiels à la prise en charge des enfants, ne sont pas toujours disponibles et sont souvent coûteux, rendant l'accès difficile pour de nombreuses familles. Le manque de morphine, particulièrement sous forme de sirop adapté aux enfants, est également un problème crucial pour la gestion de la douleur. Le Dr Diouf souligne : "Le cancer chez l'enfant est souvent associé à une douleur intense, et la disponibilité de la morphine est essentielle pour alléger cette souffrance."
Vers une prise en charge optimale : la nécessité d'un diagnostic précoce et d'un soutien accru
Le Dr Diouf plaide également pour une prise en charge gratuite et subventionnée des traitements, notamment la chimiothérapie, la radiothérapie et la chirurgie. "Le gouvernement doit prendre en charge totalement les frais de traitement des enfants, car la majorité de notre population est jeune et ne peut pas assumer les coûts élevés des soins", indique-t-elle. Elle appelle également à une plus grande implication des autorités et des acteurs du secteur de la santé pour garantir un accès aux soins de qualité pour tous.
5 Commentaires
Saleu
il y a 2 semaines (19:16 PM)Alerte
il y a 2 semaines (22:54 PM)Participer à la Discussion