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e marabout Elhadji Abdoulaye Cissé, fondateur de l’école de Diamal, reste « inconnu » du grand public, malgré sa réputation d’enseignant des sciences islamiques et même de l’astronomie qu’il dispensait à ses disciples qui venaient de tout le Sénégal et de la Gambie.
« Il n’est pas connu comme il se devait. L’école de Diamal est créée en 1910, et depuis cette date on n’y enseigne toutes les matières des sciences islamiques du Fiqh (droit islamique), la grammaire en passant par la littérature et l’astronomie », souligne Dr Djim Ousmane Dramé, dans un entretien accordé à l’APS.
Dr Dramé, chercheur au département islamologie de l’Institut Fondamental d’Afrique noire (IFAN) de l’université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar, est l’auteur d’une thèse intitulée : « Enseignement arabo-islamique au Sénégal : l’école de Diamal de 1910 à 2010 ». Il participe à l’organisation d’un forum scientifique sur Elhadji Abdoulaye Cissé, initié par l’Institut islamique de Dakar en collaboration avec la famille du marabout.
Le village de Diamal (région de Kaolack) abrite l’école éponyme créée, selon Dr Dramé, « en 1910, un mardi coïncidant avec le troisième jour du mois de Safar », par Elhadji Cissé Abdoulaye pour combattre les croyances sociales. Le chercheur rappelle qu’« au Saloum, il y a des mois où il est déconseillé de se marier et des jours où ne voyage pas ». A l’école de Diamal, « les enseignements commencent au niveau Primaire et vont jusqu’au niveau universitaire de 1910 à nos jours ». Le chercheur est revenu sur la méconnaissance d’Elhadji Abdoulaye Cissé qui a fréquenté le même daara que Elhadji Malick Sy, l’un des principaux propagateurs de la Tidjania au Sénégal, et a été disciple à Mbacké Kadior au daara du père de Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké, Mame Mor Anta Saly. Pour lui, « c’est la responsabilité de la famille qui n’a pas toujours travaillé pour le faire connaître ». A travers la ziarra annuelle qu’elle organise, souligne le chercheur, « la famille Cissé de Diamal est en train de renverser la tendance pour montrer ce foyer d’enseignement arabo-islamique au Sénégal ». L’école de Diamal a donné naissance à plusieurs autres foyers d’enseignement islamique dans le Saloum. Il s’agit de l’école Elhadji Omar Ndao au Darou Salam Nioro, de l’école Makhtar Ouly Touré à Thioyène Niombato, de l’école Babacar Koba Ndao à Kaffrine, de l’école Tafsir Abou Marame Cissé de Pire, de l’école de Soucouta, de l’école Abdou Kandji, entre autres. Le fondateur de l’école de Diamal est décédé le 15 février 1925 dans ce village, laissant derrière lui un daara qui continue ses œuvres jusqu’à nos jours. Le troisième forum scientifique de l’Institut islamique sur Elhadji Abdoulaye Cissé, prévu le 21 novembre prochain, participe, selon le chercheur de l’IFAN, « à mieux faire connaître » l’homme à travers une exposition sur sa vie et son œuvre.
Un assoiffé de connaissances islamiques
Le fondateur de l’école de Diamal, Elhadji Abdoulaye Cissé dit Borom Diamal, né vers 1840 à Wanar dans la région de Kaolack, était un fin connaisseur de l’Islam, dont l’apprentissage lui a valu un séjour en Mauritanie, entre 1876 et 1883. « Il est né dans une famille où tout le monde maîtrisait le Coran. Son village natal, Wanar, abrite l’une des plus anciennes mosquées du Sénégal », souligne le Docteur Djim Ousmane Dramé, chercheur à l’Institut fondamental d’Afrique noire (IFAN), de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar. Le chercheur de l’IFAN est l’auteur d’une thèse intitulée « Enseignement et culture arabo-islamique au Sénégal : l’école de Diamal de 1910 à 2010 ». Dans une interview accordée à l’APS, il confie qu’« il a commencé à apprendre le Coran avec son père Serigne Ousmane Cissé à Wanar avant d’aller dans un village environnant Bambaly pour mémoriser le Coran et, plus tard, revenir pour commencer à apprendre le Fiqh (droit islamique) avec son père ».
« Borom Diamal a fondé l’école de Diamal en 1910, après le décès de sa mère qui lui avait envoyé une lettre en 1900 pour l’inviter à revenir au Saloum former ses parents, alors qu’il se trouvait dans le Baol, à Kacoune, à 10 kilomètres de Tivaouane », raconte le Dr Dramé. Avant Kacoune, rappelle-t-il, il avait quitté le Saloum après le décès de son père, en 1868, pour se rendre à Mbacké Kadior (département de Kébémer) au daara de Mame Mor Anta Saly Mbacké, père du fondateur du mouridisme, Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké. Il y restera jusqu’en 1872. Déjà, à Mbacké Kadior, dit-il, « sa maîtrise du Coran avait étonné tout le monde ». Ce qui, selon lui, poussa son maître à lui confier l’apprentissage des jeunes. A partir de 1972, Borom Diamal poursuit sa quête du savoir jusqu’en 1876 à Saint-Louis dans un daara où il avait comme condisciple Elhadji Malick Sy de Tivaouane. De Saint-Louis, il a atterrit en Mauritanie dans le but, selon Dr Dramé, « de consolider ses connaissances en sciences islamiques, car il lui restait encore des matières pour parfaire sa formation scientifique ». C’est pourquoi, explique le chercheur, « l’école de Diamal est l’un des rares foyers religieux où on enseigne l’astronomie ».
Elhadji Abdoulaye Cissé revint à Saint-Louis en 1883 pour réviser les sciences islamiques qu’il avait apprises en Mauritanie pendant deux ans.
Ne voulant revenir au Saloum qu’après 1883, il se rendit à Cherif Lô vers Tivaouane pour démarrer véritablement sa carrière d’enseignant dans un daara dont le titulaire venait de mourir. Ses parents Saloum-Saloum l’ayant entendu au Baol, commencèrent à aller l’y trouver, d’abord à Cherif Lô, Njéri, et finalement à Kacoune où il reçut la lettre de sa mère Awa Khady Dramé. C’est en 1910 qu’il fonda l’école de Diamal. Les talibés commencèrent alors à venir de partout du Sénégal et de la Gambie pour suivre les enseignements de celui à que l’institut islamique de Dakar rend hommage le 21 novembre prochain à travers un forum.
15 Commentaires
Anonyme
En Octobre, 2015 (22:08 PM)Mbc
En Octobre, 2015 (23:52 PM)Anonyme:leweul
En Octobre, 2015 (00:32 AM)Bravo pour ce travail de vulgarisation
Je vais te donner d'autres leweuls pour que tu nous en dises plus...
Tabaarakallaahou
Anonyme
En Octobre, 2015 (04:09 AM)Yalla Nako Yalla Khare Ko Aldi
En Octobre, 2015 (06:21 AM)Mooo
En Octobre, 2015 (07:53 AM)Rypo
En Octobre, 2015 (10:47 AM)Serigne Ndiarmeew
En Octobre, 2015 (13:34 PM)Anonyme
En Octobre, 2015 (13:46 PM)Cheikh Ahmad Tidiane Cisse
En Octobre, 2015 (14:10 PM)Asn',?
En Octobre, 2015 (14:35 PM)Parler nous d une invention scientifique Senegalaise qui va boulverser le monde .
Nous sommes encore dans le monde du reel et de la recherche des besoins de base;eau,nourriture,habitat,habillement,transport decent,modernisation de notre agriculture....etc.
C'est bien de nous parler de religion mais la priorite ne serait-elle pas de satisfaire les besoins de base d abord pour ensuite s attaquer a une spiritualisation sans fin
Elhaji Matar
En Octobre, 2015 (22:40 PM)Mme Diouf
En Octobre, 2015 (01:38 AM)Frere Usa
En Octobre, 2015 (01:43 AM)Adama
En Octobre, 2015 (13:40 PM)Participer à la Discussion