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Cette année, le ramadan a une saveur toute particulière pour les Algériens. En cette période d’incertitude politique, ce moment de paix intérieure est le bienvenu. Venus faire les dernières courses dans le quartier de Barbès, à Paris, ils savent la place que la politique prendra, chaque soir, lors des repas familiaux de rupture du jeûne.
Dans cette épicerie de gâteaux traditionnels algériens, tout le monde s’active. À quelques heures du ramadan, les clients affluent. Un employé, manifestant anti-Bouteflika de la première heure, espère bien que la situation algérienne viendra occuper sereinement les conversations familiales.
« On parle entre nous, on se rapproche beaucoup, on discute de tout, de la politique, de tout ce qui se passe. C’est le moment pour réunir tout le monde. On a un bon pays, on a tout. Ça va aller mieux. »
Entré pour saluer un vieil ami, Ahmid se prépare, lui, à un ramadan adapté. Diabétique, il ne peut pas suivre un jeune strict. Mais concernant la politique, pas de demi-mesure. Déterminé, il soutiendra le mouvement populaire lors des dîners de famille. Comme il le fait d'ailleurs depuis plusieurs mois.
« Je sais pas comment ça va se terminer, mais vraiment, moi, les gens, je leur tire le chapeau parce qu’ils sont en train de manifester, sans violence. Ils ont raison parce qu’on est gouverné par une bande de mafia, voleurs, trafiquants. Ça va être une bonne chose, mais ça va être très très difficile de les chasser de là. Parce qu’ils sont tous concernés. »
Ramadan ou pas, tous deux assurent en tout cas qu’ils continueront à se rendre place de la République, à Paris, où se retrouvent régulièrement leurs compatriotes. Pour exprimer sans relâche leur volonté de changement.
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