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Cette fois, c'est officiel. Christine Lagarde a annoncé, ce mercredi, sa candidature à la direction générale du Fonds monétaire international lors d'une conférence de presse au ministère de l'Économie. Cette candidature ne faisait plus beaucoup de doute depuis plusieurs jours. Ce matin même, le conseiller spécial de Nicolas Sarkozy Henri Guaino affirmait que "la France soutiendrait" Christine Lagarde si elle était candidate. Également soutenue par l'Union européenne, Christine Lagarde postule donc au remplacement de Dominique Strauss-Kahn, inculpé pour tentative de viol à New York.
Reste que la locataire de Bercy n'est pas seule en lice. Plusieurs pays émergents souhaitent rompre avec la tradition selon laquelle le poste de directeur général du FMI revient à un Européen. Selon eux, le poste devait être attribué en fonction des qualités des candidats, et non de leur nationalité. Dans le premier communiqué conjoint diffusé à ce sujet par leurs représentants au FMI, les pays regroupés au sein du BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) réclament d'"abandonner cette règle obsolète et non écrite selon laquelle le chef du FMI doit être européen".
La menace de l'affaire Tapie
La volonté de changement des pays émergents risque toutefois de se heurter à leur incapacité à s'entendre sur un candidat commun, à la différence des Européens. Agustin Carstens, gouverneur de la Banque centrale du Mexique, affirme que plusieurs pays ont accueilli favorablement sa candidature, tandis que l'Afrique du Sud et le Kazakhstan, soutenu par la Russie, pourraient présenter leurs propres candidats. Le FMI doit établir une liste finale de trois candidats, puis désigner son prochain directeur général d'ici le 30 juin.
Depuis la démission de Dominique Strauss-Kahn, les Européens ont clairement fait savoir qu'ils entendaient conserver ce poste à un moment où le FMI est fortement impliqué dans les efforts de règlement de la crise de la dette dans la zone euro. Selon certaines sources à Washington, les États-Unis vont soutenir la candidature européenne et préserver ainsi une tradition qui leur permet de diriger la Banque mondiale. Ensemble, les États-Unis et les pays européens peuvent imposer leur choix au FMI, mais le soutien de quelques pays émergents permettrait d'éviter une polémique sur la désignation du futur patron du Fonds.
Une menace pèse toutefois sur la candidature de Christine Lagarde. La ministre française de l'Économie pourrait devoir faire face à une enquête judiciaire pour son rôle dans un arbitrage rendu en faveur de l'homme d'affaires Bernard Tapie au sujet des conditions de la revente d'Adidas en 1993. La commission des requêtes de la Cour de justice de la République pourrait rendre une décision à ce sujet le 10 juin, jour de clôture des candidatures au FMI.
6 Commentaires
Kholalboubax
En Mai, 2011 (10:12 AM)Dija
En Mai, 2011 (10:31 AM)Undefined
En Mai, 2011 (10:37 AM)Undefined
En Mai, 2011 (10:44 AM)Reply_author
En Janvier, 2022 (16:35 PM)Undefined
En Mai, 2011 (11:15 AM)Dawson
En Mai, 2011 (12:09 PM)Participer à la Discussion