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Malgré une légère éclaircie sur le front de la réanimation et un léger recul du nombre de décès liés au Covid-19 en France, le président entend montrer que la lutte contre le coronavirus est loin d'être maîtrisée. Une échéance "assez lointaine pour faire comprendre l’effort qui reste à faire, mais suffisamment proche pour esquisser la France d’après", dit-on du côté de ses proches.
Reste que dimanche, aucune date n'était encore arrêtée. Le chef de l'État continuait à consulter tous azimuts en vue de son allocution : médecins — dont le professeur Didier Raoult avec qui il s'est entretenu presque chaque jour selon un proche —, mais aussi des présidents des assemblées Gérard Larcher et Richard Ferrand, ainsi que plusieurs maires de régions différentes, ou encore la chancelière allemande, Angela Merkel. "Sur ces décisions lourdes, il a une vraie volonté d'union et de rassemblement, en prenant des avis directement sur le terrain", ajoute un membre de son entourage.
Confiance des Français émoussée
Le chef d'État est également attendu sur les modalités du déconfinement qui semblent bien plus complexes à mettre en place que celles du confinement. Car elle n'impliquera pas un retour à la normale dans l'immédiat. Pas question, par exemple, de rouvrir aussitôt commerces et écoles, mais une réouverture des écoles seulement en septembre n'est pas décidée, selon ces sources.
Lors de son intervention qu'il a écrite lui-même, Emmanuel Macron sait qu'il doit désamorcer une défiance grandissante envers sa gestion de la crise. Selon un sondage Ifop pour le Journal du Dimanche, 38 % des personnes interrogées (-6 points) font confiance au gouvernement pour combattre l'épidémie, soit un recul de 6 points. Une défiance attisée par le flottement autour de la gestion des masques de protection. L'opinion critique notamment la position de l'exécutif contre leur généralisation et sa capacité à importer les masques promis.
Il ne devrait pas s'avancer sur ce point ni sur d'autres décisions très concrètes, comme la méthode de test ou le traçage des malades, sur lesquelles il laisse généralement le Premier ministre Édouard Philippe ou le ministre de la Santé, Olivier Véran, intervenir.
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