JERUSALEM (Reuters) - Comme dans la bande de Gaza, ce qui a commencé au Liban comme une opération pour retrouver deux soldats capturés par le Hezbollah est devenu un conflit militaire dont personne ne peut prédire quand il se terminera.
A Gaza, l'opération destinée à libérer le caporal Gilad Shalit, enlevé le 25 juin par un commando palestinien, s'est élargie pour inclure l'arrêt des tirs de roquettes du Hamas en direction d'Israël et la destruction des institutions du gouvernement palestinien dirigé par le mouvement radical.
De la même manière, le conflit entre Israël et le Hezbollah s'est intensifié mais cette fois en l'espace de quatre jours seulement durant lesquels les frappes aériennes israéliennes ont fait 93 victimes libanaises, selon le Liban.
"L'objectif est de faire partir le Hezbollah du Sud-Liban", a clairement affirmé jeudi Tzipi Livni, ministre israélienne des Affaires étrangères, lors d'un discours au cours duquel elle a à peine parlé de l'enlèvement des deux soldats, qui datait pourtant de la veille.
"La première phase de l'opération consiste à diminuer leurs capacités. Nous ne pouvons pas nous permettre de les laisser rester là. Nous ne pouvons pas permettre qu'un dirigeant comme Nasrallah... dicte les actes dans cette région", a-t-elle déclaré, faisant référence au dirigeant du Hezbollah, Sayyed Hassan Nasrallah.
LE "CANCER" DU LIBAN
Le chef d'état-major de l'armée israélienne, le général Dan Halutz, a pour sa part parlé vendredi d'une "opération intensive et de grande ampleur" contre le Hezbollah qu'il a qualifié de "cancer" se développent dans le corps du Liban.
"Il y a de nombreuses autres cibles. Notre objectif est d'atteindre le Hezbollah et d'attendre que le gouvernement libanais prenne ses responsabilités, ce qui signifie retirer le Hezbollah de la zone frontalière et le remplacer par une autre force, une force qui représente la souveraineté du Liban", a-t-il déclaré, s'appuyant sur la résolution 1559 du Conseil de sécurité des Nations unies qui réclame, entre autres, le désarmement de toutes les milices.
Halutz a ajouté qu'Israël voulait faire comprendre aux Libanais qu'ils "ont avalé un cancer qui doit être régurgité et que, dans le cas contraire, ce pays en paiera le prix, comme par le passé", allusion à l'invasion du pays par Israël en 1982, pour chasser les activistes palestiniens.
Alex Frishman, analyste militaire au quotidien israélien Yedioth Ahronoth, affirme samedi dans un entretien au quotidien français Libération qu'une opération militaire d'Israël pour déloger le Hezbollah du Sud-Liban était prévue depuis longtemps et que son déclenchement n'"était qu'une question de temps".
"Ce plan était de longue date dans les tiroirs et les militaires attendaient le feu vert du gouvernement. Le Hezbollah a fait une erreur en pensant que le nouveau cabinet israélien serait plus faible que celui de Sharon parce qu'Olmert et Peres ne sont pas des généraux", déclare-t-il dans Libération.
L'Etat juif a pour l'instant refusé les offres d'échanges de prisonniers du Hezbollah et des groupes palestiniens qui ont enlevé Gilad Shalit.
Il y a deux ans, Israël avait accepté de libérer 400 détenus pour obtenir la libération d'un ancien colonel à la retraite, Elhanan Tanenbaum et les corps de trois soldats israéliens.
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Allons Y Molo
En Octobre, 2010 (18:36 PM)Participer à la Discussion