Dany Laferrière se trouvait dans un hôtel de Port-au-Prince ravagé avec ses environs mardi par un tremblement de terre qui fait des dizaines de milliers de mort. ‘’C’est un mot qui ne veut rien dire scientifiquement. On a subi des cyclones, pour des raisons précises. Il n’y a pas eu de tremblement de terre d’une telle magnitude depuis deux cents ans’’, a-t-il fait remarquer. ‘’Si c’était une malédiction, alors il faudrait dire aussi que la Californie ou le Japon sont maudits’’, a souligné le lauréat en 2009 du prix Médicis pour son roman ‘’L’Enigme du retour’’, paru aux éditions Grasset. ‘’Passe encore que des télévangélistes américains prétendent que les Haïtiens ont passé un pacte avec le diable, mais pas les médiats’’, s’est encore élevé l’écrivain qui faisait partie des invité du festival ‘’Etonnants voyageurs’’ en cours au moment de séisme et qui devait s’achever jeudi.
‘’Ils (les médiats) feraient mieux de parler de cette énergie incroyable que j’ai vue, de ces hommes et de ces femmes qui, avec courage et dignité, s’entraident’’, s’est-t-il encore plaint. Selon lui, ‘’bien que la ville soit en partie détruite et que l’Etat soit décapité, les gens restent, travaillent et vivent’’. ‘’Alors de grâce, cessez d’employer le terme de malédiction, Haïti n’a rien fait, ne paie rien, c’est une catastrophe qui pourrait arriver n’importe où’’, a-t-il ainsi réitéré. Il s’est par ailleurs élevé contre l’utilisation à tort et à travers, du terme pillage. ‘’ Quand les gens, au péril de leur vie, vont dans les décombre chercher de quoi boire et se nourrir avant que des grues ne viennent tout raser, cela ne s’apparente pas à du pillage mais à de la survie’’, a-t-il avancé.
‘’Il y aura sans doute du pillage plus tard, car toute la ville de deux millions d’habitants possède son quota de bandits, mais jusqu’ici ce que j’ai vu ce ne sont que des gens qui font ce qu’ils peuvent pour survivre’’, a-t-il réaffirmé. Dany Lafferrière a par ailleurs salué le mouvement de solidarité sans précédent en faveur Haïti, estimant que ‘’les gens sentent que cette fois, cette aide est sérieuse, que ce n’est pas un geste théâtrale comme cela a pu se produire par le passé’’.
‘’On perçoit que les gouvernements étrangers veulent vraiment faire quelque chose pour Haïti, et aussi que dans le pays personne ne veut détourner cette aide’’, a-t-il dit. ‘’Ce qui vient de se passer est bien trop grave. Il y a tant à faire, à commencer par ramasser les morts. Cela prendra sans doute plusieurs semaines (..) mais le problème numéro un des Haïtiens c’est l’eau, car à Port-au-Prince, elle est polluée’’, a-t-il ainsi rappelé.
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