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Avec Trump de retour à la Maison Blanche, quelles perspectives économiques pour l'Afrique ?

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Avec Trump de retour à la Maison Blanche, quelles perspectives économiques pour l'Afrique ?

Soucieux d‘appliquer sa politique protectionniste tout en cherchant à contrecarrer l’influence de la Chine, Donald Trump pourrait privilégier les accords bilatéraux avec les pays africains, tout en durcissant les conditions migratoires aux États-Unis. 
 
Le président élu des États-Unis, Donald Trump, arrive à l'église St. John's dans le cadre des cérémonies d'investiture, le 20 janvier 2025 à Washington.

 Le président élu des États-Unis, Donald Trump, arrive à l'église St. John's dans le cadre des cérémonies d'investiture, le 20 janvier 2025 à Washington. © Scott Olson, Getty Images via AFP
Il a promis un nouvel "âge d’or" pour une Amérique à laquelle il veut "rendre sa grandeur". Mais que pourrait représenter l'agenda protectionniste de Donald Trump pour les relations entre les États-Unis et leurs partenaires africains ?

Accusé d’avoir largement ignoré le continent, où il ne s’est jamais rendu lors de son premier mandat, Donald Trump ne fait jamais référence à l’Afrique dans ses discours. Si ce n’est sous le prisme de la menace migratoire.

"Le Congo, en Afrique, a libéré beaucoup de gens de leurs prisons et les a amenés aux États-Unis. Voilà ce qui arrive à notre pays", déclarait-il ainsi le 31 mai dernier. Une affirmation démentie par les autorités congolaises.

Lors de son premier mandat, les principales réformes du milliardaire républicain en lien avec le continent ont concerné la "réduction du nombre d'immigrés en provenance d’Afrique, en particulier nigérians", la reconnaissance de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental – en échange d'une reprise des relations du Maroc avec Israël – et "une réduction de l’aide humanitaire", analyse, sur le plateau du Journal de l’Afrique, Douglas Yates, enseignant en relations internationales et en politiques africaines à l'American Graduate School de Paris.

Alors que le 47ème président des États-Unis a indiqué vouloir privilégier les accords bilatéraux, nombre d’observateurs s’interrogent aujourd’hui sur l’avenir de l'African Growth and Opportunity Act (Agoa), un accord comprenant 32 pays d’Afrique sub-saharienne, leur permettant d’exporter sans taxes douanières des produits sur le marché américain.

Pression commerciale 

Adopté en 2000 sous l'administration de Bill Clinton, puis prolongé en 2015 par Barack Obama pour une durée de dix ans, l’Agoa expire en septembre 2025. Donald Trump pourrait décider d’y mettre tout simplement fin pour imposer aux adhérents du programme son projet de tarif douanier universel de 10 à 25 % sur les importations en provenance de l’étranger. Une mesure jugée néanmoins risquée voire irréaliste puisqu’elle devrait alimenter l’inflation aux États-Unis, que le nouveau président a promis de combattre.

Donald Trump pourrait au contraire décider de maintenir ce programme et de l’utiliser comme un outil de pression. Lors de son premier mandat, son administration avait suspendu en 2018 le Rwanda, accusé de taxer les produits américains et de freiner ses investissements dans le pays, puis, en 2019, le Cameroun pour "violations flagrantes et persistantes des droits humains" dans le conflit meurtrier opposant l’armée aux forces séparatistes dans deux régions anglophones.

Selon Douglas Yates, l’Afrique du Sud pourrait à son tour se retrouver dans le viseur de l’administration Trump. Elle "a des positions contre Israël, qu’elle accuse de mener une politique d’apartheid, et des relations avec l’Iran et la Chine", rappelle-t-il. Les négociations à venir entre Washington et Pretoria seront un "premier test".

Approche "transactionnelle" 

Le 47e président américain devrait cependant œuvrer à renforcer les partenariats bilatéraux avec les pays africains, dans le but notamment de contrer l’influence grandissante de la Chine et de la Russie sur le continent.

Lors de son premier mandat, les États-Unis avaient lancé deux initiatives en ce sens : Prosper Africa, afin d’accroître les échanges commerciaux et les investissements bilatéraux, et Development Finance Corporation (DFC), une agence dédiée aux projets de développement, conçue comme une alternative à l’offre de financement chinoise.

Donald Trump pourrait par ailleurs envisager de nouveaux partenariats africains afin de réduire la dépendance des États-Unis envers la Chine. Car Pékin leur fournit près de 80 % des matériaux critiques, essentiels aux secteurs de la transition énergétique et de la transition numérique.

"L’approche 'transactionnelle' de Trump, comme on l’appelle à Washington, représente un potentiel pour certains pays africains qui voient son arrivée d’un œil positif", note Douglas Yates, citant en exemple la Guinée ou bien encore la République démocratique du Congo, qui ont "des minerais à vendre".

Passerelles idéologiques

Malgré les propos insultants du milliardaire envers les pays africains, qu’il avait qualifiés de "pays de merde", et les menaces d'expulsions massives d’immigrés clandestins, l’idéologie trumpiste trouve un certain écho en Afrique.

C’est le cas notamment parmi les régimes autoritaires au Sahel, fervents défenseurs du "souverainisme", comme Donald Trump en Amérique. La défense des valeurs traditionnelles prônée par le républicain et sa promesse de mettre fin au "délire transgenre" suscitent également une certaine adhésion.
 

Enfin, certains voient dans l’arrivée de Donald Trump au pouvoir un bouleversement géostratégique dont ils pourraient bénéficier. Pour Douglas Yates, c’est le cas par exemple des pays où les États-Unis ont imposé des sanctions à des sociétés ou des individus "qui vendent de l’or à Wagner", accusés de "financer la guerre de la Russie en Ukraine". Parmi eux figurent le Mali, la République centrafricaine ou encore le Soudan. Avec l’arrivée du nouveau président, ces mesures punitives pourraient être allégées, estime-t-il.

Néanmoins ces changements devraient demeurer assez limités. Alors que Donald Trump a promis d’opérer un tournant radical en matière de politique étrangère, Douglas Yates prévoit une triste continuité dans les relations avec l'Afrique. "Trump néglige l’Afrique", mais ce phénomène n’est pas nouveau, rappelle-t-il, affirmant que les présidents successifs y compris Barack Obama se sont désintéressés des affaires du continent. "Quand l’Agoa a été promulgué en 2000, les États-Unis étaient le premier partenaire commercial de l’Afrique. Maintenant c’est la Chine", conclut-il.


9 Commentaires

  1. Auteur

    En Janvier, 2025 (22:06 PM)
    Pas de perspectives ... None ! peut etre l'Egypte, l'Afrique du Sud ? Trump ne s'interesse qu'au business. Il s'en fout du reste.

    Pour le Senegal , on a pas encore assez utilise notre position geographique. Wade avait vu juste: il faut absolument que le Senegal devienne un hub maritime et aerien. On est naturellement a la croisee des chemins. Oui les bases militaires permanentes doivent disparaitre , mais songer a creer des zones militaires temporaires ou les armees turques , francaises, chinoises, americaines, anglaises... peuvent stationner temporairement. Bien sur payant, comme le font d'autres
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    • Auteur

      Reply_author

      En Janvier, 2025 (22:24 PM)
      l'Afrique doit ignorer Trump et s'occuper d'elle même. Le centre du monde se trouve en Chine pas aux USA.
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    • Auteur

      Reply_author

      En Janvier, 2025 (06:27 AM)
      Vraiment il faut accepter la réalité, les fachos américains sont comme les Chinois, ils considèrent que les Africains noirs sont des sous-évolués plus proches de l'animal que de l'être humain civilisé (avec leur acceptation de facho de la civilisation). Il faut être méfiant dans toute collaboration avec eux
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  2. Auteur

    Pitoyable

    En Janvier, 2025 (22:08 PM)
    Le gars il nous cala même pas arrêtez de forcer bokouniou si ay plan wam on est des pays de merdes vous voulez qu’il se répète ?? c’est bon là inaf invité woul bene chef d’état africain wakhoul sakh lou djégué Afrique vous voulez forcer ay relations bilatérales
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    Auteur

    L'afrique N'existe Pas Pour Lu

    En Janvier, 2025 (22:09 PM)
    Aucune ! Trump le Yankee des temps modernes pense que la très lointaine Afrique est toujours habité que par des singes, des lions et des éléphants où les riches touristes vont en Safari.
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    Auteur

    2020

    En Janvier, 2025 (23:46 PM)
    Bsr je suis a Dakar le 21 Jan 2025 Svp Président Donald Trump je vais me marie au Sénégal avec femme dan la semaine geste hmt merci
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    Auteur

    Pertinent

    En Janvier, 2025 (04:30 AM)
    Voilà un pertinent article.

    C'est ces genres d'articles qu'il faut publier instructifs
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    Auteur

    Quantbusiness

    En Janvier, 2025 (04:40 AM)
    Rien ne va changer dans les relations entre les USA et l'Afrique. Ce sera plutot un "status quo". Il ne faut pas perdre de vue que Marco Rubio sera le nouveau MAE un ardent critique de Trump durant les primaires.Sa nomination a ete confirmee au Senat presque a l'unanimite 99 --0. Il pourra eduquer un peu Trump et lui tenir tete dans certains cas juges extremes. Ensuite c'est le Congres americain qui vote le budget et l'aide americaine destinee aux pays etrangers et allies. Si cette devait diminuer elle va toucher plutot l'Ukraine pour forcer ce pays a negocier la fin du conflit avec la Russie. Le Speaker du Congres Mike Johnson americain s'est debarasse de Mike Turner le President de la commission du Renseignement ou House Intelligence committee qui etait un ardent supporter de l'aide pour l'Ukraine.Trump tout ce qui l'interesse est le business. Certains elus republicains ne vont pas hesiter a le defier sachant que son parti a une tre faible marge de manoeuvre au Congres.
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    Auteur

    En Janvier, 2025 (05:43 AM)
    L'Afrique doit comprendre qu'elle doit rester unie et compter sur elle-meme. Trump n'avait rien fait pour l'Afrique durant son premier mandat, alors personne doit s'attendre a quoique ce soit de lui. L'afrique ne se developpera que par les Africains dignes.
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    Auteur

    Lopi

    En Janvier, 2025 (08:55 AM)
    Aucune perspective pour l'Afrique, il faut aller travailler et cesser de mentir à sa population
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    Auteur

    Bonsens

    En Janvier, 2025 (09:55 AM)
    Trump a une attitude méprisante envers le reste du monde, pas seulement envers l’Afrique.

    Il faut être conscient de la géopolitique mais plus important : il faut croire en soi.

    Travail et discipline finissent toujours par payer
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