XIBAR.NET (Dakar, 24 Mai 2010) - Si pour un premier coup d’essai le premier président sénégalais avait frappé un coup de maître, en réussissant le premier Festival des arts nègres, le remplaçant de son successeur, Abdoulaye Wade a lui reporté par quatre fois le rendez-vous de la diaspora noire. Pis, il s’est fait coiffer au poteau par le producteur délégué de la manifestation, Jean-Pierre Pierre Bloch.
La révélation est du quotidien L’Office : le Sénégal a perdu la propriété intellectuelle du Festival mondial des arts nègres, qui devait se tenir cette fin d’année à Dakar, après quatre reports. Car, les autorités en charge de la manifestation ont péché par « inadvertance ».
Leur manque de vigilance, ironie de l’histoire, va profiter à Gad Well, le principal collaborateur de Jean-Pierre Pierre Bloch, l’ancien producteur délégué du Fesman III. Le président Wade, qui l’avait commis finira par le remercier. Jean-Pierre Pierre Bloch avait encaissé des mains du chef de l’Etat plus d’un milliard de francs Cfa, sans jamais réalisé quoi que ce soit. Maintenant, la propriété intellectuelle du Fesman III revient à Gad Wall, son collaborateur ; autrement à eux.
Pourtant, récemment, le président Wade, pour ne pas courir un énième échec, avait épuré l’ancienne équipe pour confier la manifestation à sa fille, Sindiely Wade, et au ministre de la culture. Il avait même rappelé dans le Gouvernement le prédécesseur de Modou Bousso Lèye, Mame Birame Diouf, pour le nommer ministre d’État chargé du Fesman. Il avait introduit dans l’équipe le journaliste Mamadou Koumé, ancien patron de l’Agence de presse sénégalaise, et avait maintenu l’inamovible écrivain Alioune Badara Bèye. Mais, malgré ces précautions, la vigilance n’a pas été de rigueur sur le plan juridique. C’est encore le Sénégal qui perd, d’autant que le logo du Fesman et son site sont à refaire. Un budget supplémentaire d’une structure, si mal en point qu’elle était menacée d’expulsion de ses bureaux, faute de paiement de ses arriérés de location. C’est dire qu’à moins d’un miracle, le Fesman III sera renvoyé, comme si son sort est de ne jamais se tenir sous le président Wade. C’est toute la crédibilité culturelle du Sénégal, d’antan saluée, qui risque de voler en éclats.
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