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La prévention des catastrophes est moins onéreuse pour les Etats que leur gestion. C’est ce qui est ressorti des ateliers du Forum des leaders africains des médias ouvert le 9 novembre 2015 à Johannesburg. Les experts ont plaidé pour l’exploitation du dividende de résilience.
(Johannesburg) - Une centaine de journalistes venus de différents pays africains sont à l’école de la résilience à Johannesburg, en Afrique du Sud. Ces professionnels des médias prennent part au forum organisé par l’Initiative africaine des médias (Ami). La mise à niveau sur cette thématique est justifiée par le cycle de catastrophes naturelles, les conséquences des changements climatiques, l’émergence de nouvelles maladies et surtout la faible capacité d’adaptation des communautés face aux évènements imprévisibles aux conséquences parfois dramatiques.
Seulement, pour parler d’une problématique, il faudrait comprendre ce que recouvrent certains concepts. En fait qu’est-ce que la résilience ? Ce concept a une définition polysémique. La résilience renvoie à la capacité d’un organisme, d’une organisation, d’une communauté, d’un écosystème à se remettre et à retrouver sa forme originelle après un désastre, un choc. « C’est la manière individuelle ou collective d’une communauté à faire face aux chocs comme les inondations, les épidémies et d’évoluer. Les communautés doivent être plus fortes pour faire face aux mêmes catastrophes précédentes si elles venaient à se reproduire », explique Achieng Otieno de la Fondation Rockefeller. Pour elle, le renforcement des options et des stratégies de résilience suppose aussi que les sujets victimes d’une catastrophe tirent tous les enseignements de celle-ci et soient plus aptes à apporter des réponses à ces genres de catastrophe.
La fréquence des évènements tragiques d’origine naturelle et anthropique appelle à des changements de comportements à l’échelle individuelle et à une nouvelle approche de mise en œuvre des politiques à une échelle beaucoup plus globale. « Il est démontré que si l’on investit dans la prévention des risques, on dépense moins que leur gestion. Nous pensons que les journalistes peuvent travailler à amener les Etats africains à tirer profit du dividende de la résilience », plaide Achieng Otieno.
La norme aujourd’hui, ironise-t-elle, c’est un monde caractérisé par la fréquence des catastrophes. Il est tout aussi nécessaire pour les villes de mettre en place des dispositifs de gestion de ces éventualités. « 75 % de la population mondiale vivraient dans les villes d’ici à 2050. Il faudrait alors que les villes aient des réponses pour les logements, l’accès à la santé, à l’éducation pour cette croissance de la population urbaine et à l’insertion des jeunes. Les villes seront dans un stress permanent si elles n’ont pas d’options de résilience», prédit Mme Otieno qui s’est félicitée que Durban, Dakar, Kigali et Arusha figurent parmi les 67 villes les plus résilientes du monde.
Les échanges ont permis de retenir les différentes approches des sujets sur la résilience sans remettre en cause les principes fondamentaux du journalisme et en tenant compte des réalités de chaque pays. Plusieurs experts qui ont présenté des communications mesurent le rôle que les hommes de médias peuvent jouer dans la sensibilisation des Etats à accorder une priorité à la résilience en matière d’investissements.
La fréquence de ces désastres d’origine naturelle peut remettre en question les politiques économiques mises en place par les Etats. Ce n’est pas un hasard si des experts cités par Clémence Centoni et Benoît qui ont rédigé le livre de chevet sur la résilience des communautés Turkana du Kenya réfléchissent sur les interrelations entre la résilience écologique définie comme la capacité d’un écosystème à s’adapter à une situation nouvelle et la résilience sociale considérée comme la capacité des communautés à affronter et à dépasser des chocs de diverses natures.
L’utilisation des données statistiques en question
L’utilisation des données statistiques par les médias ne facilite pas l’appréhension des enjeux d’une problématique par la masse des populations en Afrique. Selon Moussiry Thiaga, les statistiques sont données de façon brute dans beaucoup de médias alors qu’ils pouvaient être livrés de façon plus accessible et plus digeste. « Les données statistiques sont à la fois une source d’information ou un instrument ; tout dépend de l’utilisation qu’on peut en faire. Mais il est important qu’elles soient livrées en essayant de les rapporter aux réalités, en faisant des comparaisons. Par exemple si on dit qu’un président de la République a acheté un jet privé, on doit essayer de calculer le nombre de sacs de maïs que l’on peut acheter pour les pauvres avec le coût du jet », suggère le statisticien.
La contradiction ou les différences sur les données à propos d’un même sujet a été aussi remis sur la table. C’est une donne que les journalistes sont appelés à gérer en faisant la triangulation ou le recoupement pour parler plus simple.
De notre envoyé spécial en Afrique du Sud Idrissa SANE
2 Commentaires
N'importe Quoi !
En Novembre, 2015 (17:20 PM)Encore un belle exemple de Bla ! Bla !
Dans 10 ans l'Afrique de l'Ouest n'aura toujours pas d'agence en charge de gérer les catastrophes, ou d'Agence de Protection de l'Environnement.
Que des tocards !
Doff
En Novembre, 2015 (19:59 PM)Participer à la Discussion