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Le directeur général du Centre cinématographique marocain (CCM), Nour-Eddine Saïl, a recommandé jeudi au Sénégal de se doter d’un centre national chargé d’impulser le cinéma et de faire du septième art une affaire d’Etat.
La création d’un centre national chargé de la cinématographie comporte l’avantage de réglementer la pratique de cet art et de produire plus de films, a dit M. Saïl lors d’une conférence de presse, à Dakar.
"Ce centre permettra au Sénégal de produire plus de films, de construire des salles de cinéma, de créer un marché" des œuvres cinématographiques, en plus de "donner aux Sénégalais le plaisir d’aller voir des films sénégalais", a-t-il souligné.
Un centre national chargé du cinéma sert à "porter la politique du gouvernement" dans ce domaine, a-t-il précisé, indiquant que qu’il peut servir aussi de "mécanisme de réglementation" du septième art. "Ce sera l’avocat [des acteurs du cinéma] auprès de l’Etat."
"Pour qu’il ait un cinéma national sénégalais, il faut qu’il y ait un environnement qui aide à la production cinématographique. Aujourd’hui, il est démontré que si les Etats ne s’occupent pas des cinématographies nationales, elles n’existeront pas", a insisté Nour-Eddine Saïl.
Il affirme qu’il n’existe pas de sponsor ou de banquier désireux de "donner de l’argent pour faire un film".
Les Etats, y compris celui du Sénégal, doivent soutenir les productions cinématographiques locales, pour qu’elles "soient connues et fassent le tour du monde", a encore dit M. Saïl.
Le directeur général du CCM a promis de défendre la cause du cinéma sénégalais auprès de son ministère de tutelle. "Ce qu’on va faire auprès du ministre de la Culture du Sénégal, c’est lui expliquer qu’on ne peut pas avoir une politique cinématographique conséquente s’il n’y a pas un instrument autonome qui s’appelle le +centre national de la cinématographie+", a-t-il affirmé.
"C’est comme cela que ça marche, partout dans le monde. En France, le CNC c’est l’instrument de l’Etat français pour réglementer, promouvoir et stimuler la production cinématographique", a fait valoir M. Saïl.
"Au Maroc aussi, a-t-il ajouté, nous avons réussit à réglementer, produire, promouvoir et développer le cinéma parce que nous sommes une institution sous la tutelle de l’Etat, mais en ayant notre autonomie complète et notre budget que nous gérons nous-mêmes (les acteurs du cinéma) durant toute l’année."
Le CCM qu’il dirige a réalisé "un bon bilan", a-t-il dit, indiquant que 20 à 25 films de long-métrage sont produits dans son pays chaque année.
Le nombre de courts-métrages se situe entre 70 et 90 par an, a-t-il dit, rappelant qu’"il y a 10 ans, cela était à peine imaginable". Il estime que "l’Etat du Maroc a été volontariste" dans sa politique cinématographique.
FD/ESF
1 Commentaires
Joobajubba
En Mars, 2014 (11:42 AM)Le cinéma au Sénégal - à moins d'être optimiste - risque bien de ne plus exister... Il parait qu'un financement d'un milliard a été accordé mais cela ne suffira que pour deux ou trois films.
Vient le problème de la distribution: aujourd'hui, aucune salle de cinéma dans le pays de Senghor .
Le chantier est immense. Mais rien de d'y penser, c'est un challenge
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