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Pascaline Bongo, fille aînée du défunt président gabonais Omar Bongo et sœur du président déchu Ali Bongo, comparaît à partir de lundi devant le tribunal correctionnel de Paris pour des soupçons de corruption au Gabon en 2010 et 2011.
Directrice de cabinet de son père jusqu'à sa mort en 2009 puis collaboratrice de son frère Ali, renversé par un coup d'Etat en août dernier, Mme Bongo, 67 ans, est soupçonnée d'avoir accepté d'intervenir en faveur de la société française Egis Route dans l'attribution de marchés publics contre la promesse de huit millions d’euros.
Poursuivie pour corruption passive d'agent public étranger, elle est jugée avec l'entreprise et cinq autres prévenus.
"Ma cliente sera présente. Elle ne craint pas la justice française", indique à l'AFP son avocate, Corinne Dreyfus-Schmidt.
Pascaline Bongo, qui conteste les faits, "n'a été en contact avec personne, il n'y a pas de contrat signé, aucun marché n'a été conclu et rien dans le dossier ne permet de dire qu'il y a eu une remise d'argent", soutient Me Dreyfus-Schmidt.
"Rien ne tient dans ce dossier, le problème de compétence territoriale, les problèmes de prescription, les problèmes de qualification juridique... Tout ça pour arriver à renvoyer des gens devant une juridiction pour rien", insiste l'avocate, qui regrette "une attraction très forte de la justice française pour le nom Bongo".
Selon le quotidien Libération qui a dévoilé l'affaire, Mme Bongo aurait accepté un "partenariat fictif" pour qu'Egis participe à la création de l'Agence nationale des grands travaux du Gabon via un marché public de consulting.
Cette structure, créée par Ali Bongo après son arrivée à la tête du Gabon, supervisait les chantiers d'infrastructures (routes, stades) et les projets immobiliers publics.
Sur le banc des prévenus aux côtés de Pascaline Bongo, Egis Route, deux de ses anciens cadres et son directeur commercial, Christian Laugier, anciennement chargé des activités Afrique et ex-directeur général du groupe.
- "Biens mal acquis" -
Les trois hommes sont soupçonnés d'avoir proposé à Mme Bongo une rétrocommission de huit millions d'euros en échange d'un contrat.
Une avocate française, Me Danyèle Palazo-Gauthier, et l'homme d'affaires gabonais Franck Ping, fils de l'ancien ministre et ex-président de la commission de l'Union africaine (2008-2012) Jean Ping, comparaissent pour complicité de corruption passive d'agent public étranger.
Le parquet national financier (PNF) avait ouvert une enquête préliminaire en 2019 après la découverte "de curieux échanges, mails et documents évoquant l'affaire Egis", selon Libération, lors d'une perquisition au cabinet parisien de Mme Palazao-Gauthier dans le cadre du dossier dit des "biens mal acquis".
Dans cette affaire, des juges parisiens se penchent depuis plus de 15 ans sur des soupçons de détournements de fonds publics ayant permis aux familles des présidents Denis Sassou Nguesso (Congo-Brazzaville) et Bongo de s'être constitué un patrimoine immobilier et mobilier considérable en France.
Au total, dix descendants du richissime patriarche gabonais (président de 1967 jusqu'à sa mort en 2009), ont été mis en examen depuis mars 2022.
L'ex-miss France Sonia Rolland et la banque BNP sont également mises en cause dans le volet gabonais des "biens mal acquis".
Mi-janvier, la cour d'appel de Paris a rejeté les recours de trois des enfants Bongo, dont celui de Pascaline Bongo, contre leur mise en examen dans ce dossier.
En août et encore en décembre derniers, une dizaine de biens ont été saisis dans des quartiers huppés de Paris, en Provence ou sur la Côte d'Azur, pour une valeur totale estimée à environ huit millions d'euros.
Ces biens sont soupçonnés d'avoir été acquis grâce à l'argent de la "Françafrique", ce système de corruption, de cooptation politique et de chasses gardées commerciales entre Paris et ses anciennes colonies africaines, notamment illustré par l'"affaire Elf" en France.
Au total, environ 70 millions d'euros de "biens mal acquis" ont été saisis à ce jour dans cette affaire.
Le procès de Pascaline Bongo est prévu jusqu'à jeudi.
8 Commentaires
Idiot Du Village
En Janvier, 2024 (12:46 PM)les bien mal acquis... ils sont saisis... vendus aux enchères... et l argent récolté va où???
il retourne dans le pays d origine qui promet de l utiliser pour a des fins sociales ou d infrastructures ..
et effectivement , le pays rachète des appartement dans les quartiers huppés de Paris , c est la demande sociale des enfants du président .
suite au prochain numéro.
comme dirait l empereur MACRON, cela coûte un pognon de dingue à la France pour faire passer la "justice" mais l honneur est sauf...
La Vérité
En Janvier, 2024 (14:31 PM)Faut arrêter d'être naïf et de raconter du n'importe quoi aussi. Les biens immobiliers et autres biens matériels (voitures, yatchs, bijoux, comptes bancaires etc) sont certes saisis et vendus aux enchères par la France mais ensuite tout cet argent est versé dans les caisses du trésor français pour soit disant être rapatriés plus tard vers les pays du dictateur. Mensonge ! C'est encore le fisc français qui vole cet argent car jusqu'à ce jour la France n'a jamais reversé aucun kopeck à aucun pays africain dont les biens de son ancien président dictateur ou ceux de leurs enfants et proches ont été saisis en France et vendus en France. Où est passé l'argent issue des saisies des ventes des biens de Bokassa et de ses proches ? Où sont passés les fameux diamants de Bokassa que Giscard et ses mercenaires avaient volé en Centreafrique ? Où est passé l'argent des biens de Mobutu et ses proches ? Et ceux de la famille Nguéma de Guinée Equatoriale ? Bref, la France n'a jamais rapatrié de l'argent issue de la saisie et vente de biens de dictateurs africains et de leurs proches car c'est elle même qui vole cet argent. La France n'a jamais financé aucune infrastructures dans un pays africain avec de l'argent issue de la saisie et vente de biens mal acquis. La justice française fait son boulot mais ensuite c'est le fisc et le trésor français qui volent cet argent. Nous vivons en France et nous voyons et entendons tous car nous faisons partie de ces mouvements qui dénoncent les enrichissements illicites et les pillages des ressources naturelles africaines, alors arrêtez de raconter n'importe quoi. Ils restent certes encore bcp à faire mais on y arrivera puisque même en France, bcp de français et en particulier d'honnêtes juges, magistrats et journalistes nous aident sur ce combat.
Fall Barma
En Janvier, 2024 (13:12 PM)Ces salauds de présidents africains et leurs familles et proches ont détruit le continent et l'avenir de plusieurs générations. L'heure est venue de leur faire payer et ils paieront car le monde a changé et même leurs anciens amis et complices européens et en particulier les français ont maintenant des juges et magistrats qui n'acceptent plus cet appauvrissement de l'Afrique par leurs véreux et hypocrites politichiens qui crachent sur les africains mais qui acceptent leurs argents.
Ouimais
En Janvier, 2024 (14:50 PM)Idiot Du Village
En Janvier, 2024 (15:48 PM)quand on ne sait pas on évite d aboyer...
https://www.lemonde.fr/afrique/article/2023/11/10/restitution-des-biens-mal-acquis-une-premiere-pour-des-credits-prevus-dans-le-budget-francais_6199333_3212.html
tu dois encore être un mouton du gourou sodomite emprisonné pour aboyer si fort et raconter autant de sottises
CQFD
Le ministre mauritanien de l’Énergie, M. Nani Ould Chrougha, également porte-parole du Gouvernement, a abordé, hier, les retards dans la mise en service du projet gazier Grand Tortue Ahmeiyim (GTA). Selon le ministre, ces retards sont attribuables à des raisons techniques liées à la complexité du projet, combinées aux impacts de la pandémie de Covid-19. Toutefois, il a catégoriquement affirmé que ces raisons ne justifient pas le retard considérable de 28 mois au-delà de la date initialement prévue pour le début de la production de gaz en avril 2022.
Gabriel M.m
En Janvier, 2024 (19:24 PM)Participer à la Discussion