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Le dirigeant oromo Abiy Ahmed a été choisi mardi par la coalition au pouvoir en Éthiopie pour devenir son leader, et donc le prochain Premier ministre, a annoncé la télévision publique EBC.
La coalition au pouvoir en Éthiopie a choisi mardi 27 mars comme nouveau leader, et donc prochain Premier ministre, Abiy Ahmed, un gage d'apaisement à l'égard de l'ethnie oromo dont il est issu et qui a été pour beaucoup dans la démission de son prédécesseur.
"Le Conseil de l'EPRDF [le Front démocratique révolutionnaire des peuples éthiopiens] a élu le Dr Abiy Ahmed à la tête du parti", a annoncé la télévision publique EBC.
Il devrait succéder au Premier ministre Hailemariam Desalegn, qui avait démissionné en février. Il deviendrait ainsi le premier Premier ministre appartenant à l'ethnie oromo, la principale du pays, depuis l'arrivée au pouvoir de l'EPRDF en 1991.
Le choix de M. Abiy doit encore être confirmé par le Parlement, dont tous les sièges appartiennent à l'EPRDF, une coalition de quatre partis constitués sur une base régionale et ethnique.
Grogne populaire
De nombreux Éthiopiens, et en particulier les Oromo, qui de longue date s'estimaient marginalisés, espèrent qu'il saura modifier le mode de gouvernement très autoritaire pratiqué par l'EPRDF. Les Oromo, à l'origine d'un mouvement de contestation antigouvernementale sans précédent depuis la mise en place de l'actuel régime, sont pour beaucoup dans la chute d'Hailemariam Desalegn.
Celui-ci avait créé la surprise dans le deuxième pays le plus peuplé d'Afrique en annonçant sa démission le 15 février, en évoquant la promesse de réformes face à la grogne populaire.
De nombreux analystes voyaient en M. Abiy, un ancien ministre des Sciences et de la Technologie, qui avait été nommé il y a quelques semaines à la tête de l'Organisation démocratique du Peuple oromo (OPDO), un repoussoir pour la minorité tigréenne.
"L'élection d'Abiy est significative pour plusieurs raisons. 1) C'est la seule chose qui pouvait empêcher la dissolution de l'EPRDF, 2) il est le seul qui soit à peu près acceptable en région oromo", a réagi sur Twitter l'activiste oromo Mohammed Ademo. Mais des experts rappellent qu'Abiy Ahmed a d'abord fait carrière au sein des services de sécurité et qu'à ce titre, il n'est pas forcément le réformateur espéré.
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Anonyme
En Mars, 2018 (11:29 AM)Participer à la Discussion