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A Madagascar, la grogne sociale monte : grève des agents pénitenciers et des greffiers, manifestation des marchands ambulants et des chauffeurs de bus à Antananarivo, rejoints bientôt par les enseignants. Dans la plupart des cas, les travailleurs protestent contre la cherté de la vie et leurs salaires trop bas. Les autorités rappellent que les manifestations à caractère politique ou pouvant causer des troubles à l’ordre public sont interdites. Les manifestants dénoncent une atteinte au droit de manifester.
Devant le siège d’Air Madagascar à Antananarivo, quatre syndicalistes font le pied de grue. L’année dernière, ils ont été licenciés pendant la grève qu’avait traversée la compagnie. Mais depuis, la décision a été invalidée. Pourtant ils n’ont toujours pas retrouvé leur poste.
« Nous avons des pancartes pour dire "assez" ! Car on veut quand même que Madagascar devienne un Etat de droit », explique Rado Rabarilala. Le délégué syndical poursuit : « Comme vous voyez, il y a la présence des forces de l’ordre, beaucoup de nos collègues en ville ne voudront pas nous rejoindre, on les comprend. Pour nous, c’est juste bafouer le droit des syndicalistes de pouvoir manifester. »
Du côté officiel, on indique qu’il s’agirait plutôt d’éviter les troubles à l’ordre public d’autant plus que la manifestation n’a pas été autorisée par la préfecture. « Il y a des gens qui veulent profiter de toutes ces revendications pour faire des méfaits », déclare le général Florens Rakotomahanina, commandant de la gendarmerie de la région.
Selon une source sécuritaire, des opposants voudraient profiter de ces tensions sociales pour tenter de déstabiliser le régime. La préfecture ajoute qu’une exception sera faite pour les manifestations syndicales du 1er Mai qui devraient être autorisées.
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