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Au Bénin, la campagne pour les élections législatives de 2023 se poursuit dans les grandes agglomérations du pays. Ce scrutin du 08 janvier 2023, vaut son pesant d’or surtout pour l’opposition qui doit lever le maximum de sièges si elle veut participer à la présidentielle de 2026.
En effet, avec le nouveau code électoral, le candidat aux élections présidentielles doit être parrainé par les députés du parlement ou les maires des communes du pays. Les élections législatives de 2023 doivent donc permettre à l’opposition de préparer la présidentielle parce qu’elle n’a aucun député au parlement et très peu d’élus communaux. Mais cette présidentielle de 2026, connaîtra-t-elle la participation de l’actuel chef de l’Etat Patrice Talon ? C’est la question que se posent les observateurs avertis de la politique béninoise. Ils ne se fient pas aux déclarations de M. Talon à ce propos.
« Il n’y a pas de raison d’avoir des doutes »
Le numéro 1 béninois a en effet promis de ne pas se représenter pour un 3ème mandat. « Cet idéal pour moi est difficile à promouvoir hors du Bénin. Je vous prends à témoin pour passer (le) relai le 3ème dimanche du mois de mai 2026, à celui qui aura la confiance du peuple Béninois. L’évidence est claire. Limiter les mandats est à tout égard au profit du peuple. Je m’associe pleinement à votre action et je m’engage devant vous à la défendre » déclarait-il en juin 2021 lors d’un sommet citoyen ouest-africain sur la bonne gouvernance à Cotonou.
Invité hier jeudi 29 décembre sur les antennes de RFI, le chef de file de l’opposition béninoise Paul Hounkpè dit ne pas douter de l’engagement pris par le locataire du Palais de la Marina. « S’il y a une qualité que je reconnais au chef de l’Etat, c’est d’être direct. Si jusqu’ici il n’a fait aucune autre déclaration (...), il partirait en 2026, il n’y a pas de raison d’avoir de doute » a déclaré Paul Hounkpè très critiqué par les autres partis d’opposition notamment les Démocrates.
Une promesse non tenue
Ils accusent son parti FCBE, d’être le faire-valoir du pouvoir en place. Rappelons qu’à son arrivée en 2016, le président béninois avait promis de ne faire qu’un seul mandat et passer le témoin en 2021, mais à quelques mois des élections présidentielles, il a annoncé sa candidature, estimant vouloir « défendre la démocratie, les libertés et la bonne gouvernance jusqu’à ce que cela soit un acquis pour chacun et pour tous ». Lors de la dernière révision de la constitution béninoise, les députés béninois ont légèrement modifié, l’article qui traite du mandat présidentiel. Désormais, au Bénin, nul ne peut faire plus de deux mandats de sa vie. Une nouvelle formulation qui est censée rassurer tout le monde, mais la donne pourrait changer si les partis de la mouvance gagnent les législatives de 2023.
« Il faut que Patrice Talon continue au moins encore 5 ans »
Une nouvelle révision de la Constitution pour modifier cet article est à craindre d’autant plus que des soutiens de Patrice Talon appellent déjà à un 3ème mandat. L’un d’eux, Bertin Koovi s’est même justifié publiquement. « Au nom de la construction de ce pays, le président Patrice Talon a eu le courage d’accepter d’être à ce point-là impopulaire. Pourquoi voulez-vous qu’il quitte le pouvoir alors qu’il n’a pas encore fini la tâche? Je suis le plus sincère du monde. Il faut que Patrice Talon continue au moins encore 5 ans » a-t-il déclaré lors d’une émission télévisé en octobre dernier.
3 Commentaires
Paul Kagame
En Janvier, 2023 (20:36 PM)Participer à la Discussion